Taille du texte
Parcours

Le jour du transfert d'embryon : ce qui se passe, et ce qui ne change rien

Cinq minutes, pas d'anesthésie, et beaucoup d'émotion. Le transfert est le geste le plus simple du parcours — et celui qui porte le plus d'attentes.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Beaucoup de patientes arrivent au transfert avec une liste de consignes glanées sur des forums : ne pas bouger, ne pas éternuer, manger de l'ananas, garder les pieds au chaud. Je comprends le besoin de faire quelque chose. Mais il vaut mieux savoir ce qui compte vraiment — et laisser le reste.

Avant le transfert

Le matin, le laboratoire vous indique comment les embryons ont évolué et lequel sera transféré. En transfert frais, cela se fait le jour 3 ou, plus souvent, le jour 5 après la ponction ; en transfert d'embryon congelé, à une date calculée selon la préparation de l'endomètre et la progestérone.

On vous demandera en général d'arriver avec la vessie modérément pleine : cela redresse l'utérus et améliore la vision échographique. Buvez un demi-litre d'eau une heure avant, sans excès — une vessie trop pleine rend l'attente inconfortable.

Le geste

Vous êtes installée comme pour un examen gynécologique. Le médecin pose un spéculum, nettoie le col, puis introduit un cathéter très fin à travers le col, sous contrôle échographique abdominal. L'embryologiste charge l'embryon dans le cathéter et le passe au médecin, qui le dépose dans la cavité utérine, à environ un à deux centimètres du fond.

Sur l'écran, vous verrez parfois un petit point blanc : c'est la minuscule bulle d'air qui entoure la goutte contenant l'embryon, pas l'embryon lui-même. L'embryologiste vérifie ensuite au microscope que le cathéter est vide.

Le tout dure cinq à dix minutes. Il n'y a pas d'anesthésie : la sensation ressemble à celle d'un frottis. Un col difficile à franchir peut être un peu plus inconfortable ; le médecin le sait souvent à l'avance grâce à un « transfert d'essai ».

Combien d'embryons ?

La tendance, justifiée, est au transfert d'un seul embryon, surtout au stade blastocyste. Les grossesses gémellaires multiplient les risques pour la mère et les enfants. La loi grecque encadre le nombre maximal selon l'âge, mais un seul embryon est souvent le meilleur choix ; j'explique pourquoi dans l'article sur le transfert unique.

Juste après : se lever tout de suite ?

Oui. Les études comparant le repos allongé à la reprise immédiate des activités ne montrent aucun bénéfice du repos ; certaines suggèrent même un résultat légèrement meilleur chez les femmes qui se lèvent rapidement. L'embryon ne « tombe » pas : l'utérus est une cavité virtuelle, ses parois sont accolées. Vous pouvez uriner juste après le transfert.

Les jours suivants : ce qui compte

  • Continuer exactement le traitement prescrit, en particulier la progestérone. C'est de loin la consigne la plus importante.
  • Une vie normale : marcher, travailler, se doucher, prendre l'avion sont possibles.
  • Éviter le sport intense, les bains très chauds et le sauna les premiers jours, par précaution.
  • Ne pas faire de test urinaire trop tôt : si le déclenchement a été fait par hCG, il peut être faussement positif.

Les idées reçues

L'ananas, les chaussettes, les positions après les rapports, le fait de ne pas porter de charges légères : aucune de ces pratiques n'a d'effet démontré. Elles ne font pas de mal si elles vous rassurent, mais elles ne doivent pas devenir une source de culpabilité. Si le transfert n'aboutit pas, ce ne sera pas parce que vous avez monté un escalier.

Et le voyage retour ?

Après un transfert, prendre l'avion est possible dès le lendemain, voire le jour même. Il n'y a pas de preuve que le vol diminue les chances. Hydratez-vous, bougez les jambes, et gardez vos médicaments en cabine. L'attente jusqu'au test est expliquée jour par jour dans cet article.

Questions fréquentes

Le transfert d'embryon est-il douloureux ?

Non, en général. La sensation ressemble à celle d'un frottis ; il n'y a pas d'anesthésie. Le geste dure cinq à dix minutes.

Faut-il rester allongée après le transfert ?

Non. Les études ne montrent aucun bénéfice du repos allongé. Vous pouvez vous lever, uriner et reprendre une activité normale.

Pourquoi faut-il avoir la vessie pleine ?

Une vessie modérément pleine redresse l'utérus et améliore la vision échographique, ce qui facilite le passage du cathéter.

Peut-on prendre l'avion juste après un transfert ?

Oui, dès le lendemain ou le jour même. Aucune étude ne montre que le vol diminue les chances d'implantation.

Sources
  1. Craciunas L et al. « Bed rest following embryo transfer might negatively affect the outcome of IVF/ICSI », Human Reproduction Update, 2014.
  2. ESHRE — Good practice recommendations for embryo transfer, 2022.
  3. Loi grecque 3305/2005 et loi 4272/2014 — nombre maximal d'embryons transférés selon l'âge.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

Une question sur votre situation ?

Le premier échange est gratuit et sans engagement.

Sur le même sujet

WhatsApp