Grossesse après 40 ans : les chiffres, sans dramatisation ni faux espoirs
Chances de concevoir naturellement et en FIV après 40, 42 et 45 ans, risques obstétricaux réels, suivi renforcé.
Lire l'articleBeaucoup de patientes espèrent des jumeaux : un seul parcours, deux enfants. C'est la seule complication de la FIV que l'on souhaite volontairement, et c'est aussi la plus fréquente.
La décision se prend en quelques minutes, le matin du transfert, souvent sans que personne ne l'ait vraiment préparée. Elle mérite mieux, parce qu'elle engage la santé de la grossesse davantage que la plupart des autres choix du parcours.
Transférer deux embryons augmente le taux de grossesse par transfert, c'est vrai. Mais lorsqu'on compare correctement — un transfert de deux embryons frais contre un transfert d'un embryon frais suivi, si besoin, d'un transfert congelé — les taux cumulés de naissance sont équivalents. Vous n'obtenez donc pas plus d'enfants au total : vous obtenez plus souvent deux enfants d'un coup.
Cet effet est particulièrement net avec des blastocystes de bon grade et chez les femmes de moins de 38 ans, où le double transfert produit surtout des jumeaux. Avec un don d'ovocytes, la qualité embryonnaire élevée rend le double transfert encore plus risqué de ce point de vue.
Ils ne sont pas théoriques, et ils concernent la mère et les enfants :
Ces risques augmentent encore avec l'âge maternel, ce qui rend le double transfert particulièrement discutable chez une femme de plus de 40 ans, alors que c'est précisément là qu'on le demande le plus.
Le transfert d'un seul embryon est la recommandation par défaut chez les femmes de moins de 38 ans disposant d'un embryon de bonne qualité, et systématiquement après un test génétique préimplantatoire ou avec un don d'ovocytes. Les pays scandinaves, la Belgique et les Pays-Bas l'appliquent largement, avec des taux de grossesse gémellaire tombés sous les 5 % sans perte d'efficacité globale.
Le transfert de deux embryons se discute dans des situations précises : âge avancé avec embryons de qualité moyenne, échecs répétés, ou nombre d'embryons limité sans possibilité d'en obtenir d'autres. C'est une discussion, pas une préférence.
La législation grecque est plus permissive que la pratique recommandée : elle autorise le transfert de deux embryons avant 35 ans — jusqu'à trois à partir du troisième cycle — et jusqu'à trois embryons après 40 ans. Autrement dit, un centre peut légalement vous proposer davantage que ce que les recommandations européennes conseillent.
C'est un point que je vérifie systématiquement, et une question qu'il faut poser à l'avance, pas le matin du transfert : « quelle est votre politique de transfert, et pourquoi dans mon cas ? » Un centre qui propose deux embryons de bon grade à une femme de 34 ans avec don d'ovocytes doit pouvoir justifier ce choix autrement que par la demande de la patiente.
Je l'entends souvent, et la raison est presque toujours la même : la fatigue du parcours, la peur de devoir recommencer, le coût d'un second cycle. Ce sont des raisons compréhensibles. Il faut simplement savoir que le prix se paie ailleurs — en risque de prématurité pour les enfants et en risque obstétrical pour vous — et qu'une seconde grossesse à partir d'un embryon congelé coûte 900 à 1 800 euros, bien moins qu'un séjour prolongé en néonatalogie ne coûte en inquiétude. Le transfert congelé est décrit ici.
La vraie sécurité contre le fait de devoir tout recommencer, ce n'est pas de transférer deux embryons : c'est d'en avoir congelé plusieurs.
Non. Le taux par transfert augmente, mais à taux cumulé équivalent : un transfert unique suivi si besoin d'un transfert congelé donne autant d'enfants au total, avec beaucoup moins de jumeaux.
Environ 50 % de naissances avant 37 semaines contre 7 % pour un singleton, grande prématurité dix fois plus fréquente, prééclampsie et diabète gestationnel au moins doublés, césarienne majoritaire.
Deux avant 35 ans, jusqu'à trois à partir du troisième cycle, et jusqu'à trois après 40 ans. C'est plus permissif que les recommandations européennes, qui privilégient le transfert unique.
En cas d'âge avancé avec des embryons de qualité moyenne, d'échecs répétés, ou d'un nombre d'embryons limité sans possibilité d'en obtenir d'autres. Jamais par défaut, et rarement avec un don d'ovocytes.
Source : https://fertilitegrece.com/fr/blog/transfert-unique-grossesse-gemellaire/ — Triada Baloukoudis, coordination de parcours FIV en Grèce. Information générale, sans valeur de conseil médical ou juridique. Imprimé le
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