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Médical

Saignement après un transfert d'embryon : est-ce grave, et que faire une fois rentrée chez vous ?

Un petit saignement après un transfert est fréquent et ne signifie pas que le transfert a échoué. Ne changez rien au traitement, faites le test au jour prévu et prévenez le centre ; seuls certains signes imposent de consulter le jour même.

Publié le · 8 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Un saignement après un transfert d'embryon fait presque toujours penser au pire, surtout quand il survient quelques jours avant la prise de sang. Pourtant, des pertes légères, rosées ou brunes, sont fréquentes après un transfert et en début de grossesse, et elles ne disent pas, à elles seules, si l'embryon s'est implanté. La seule réponse fiable reste le test sanguin, puis l'échographie.

Ce qui compte, c'est de savoir ce qu'il faut faire, et ce qu'il ne faut surtout pas faire : arrêter le traitement de soi-même. Voici les repères, et la marche à suivre quand vous êtes déjà rentrée chez vous.

Un saignement après un transfert d'embryon est-il fréquent ?

Oui. Dans une grande cohorte américaine de 4 510 grossesses, 27 % des femmes ont eu des saignements ou des traces de sang au premier trimestre. Les saignements légers, surtout s'ils ne duraient qu'un ou deux jours, n'étaient pas associés aux fausses couches ; les saignements abondants l'étaient, avec une probabilité de fausse couche environ trois fois plus élevée, surtout lorsqu'ils s'accompagnaient de douleurs.

Après une FIV, les données vont dans le même sens. Dans une étude publiée en 2023 sur 1 858 grossesses uniques obtenues par transfert d'embryon avec les propres ovocytes des patientes, environ 17 % des patientes ont saigné avant huit semaines de grossesse. Quand l'échographie de six ou sept semaines était normale, ce saignement n'augmentait pas le risque de fausse couche, et les taux de naissance étaient comparables à ceux des patientes qui n'avaient pas saigné.

D'où peut venir le sang ?

  • Le col de l'utérus. Le passage du cathéter peut laisser des pertes teintées de sang dans les jours qui suivent le transfert. Pendant la grossesse, les vaisseaux du col changent et peuvent saigner, par exemple après un rapport sexuel.
  • La progestérone par voie vaginale. Le résumé des caractéristiques d'un gel vaginal de progestérone cite des pertes vaginales fréquentes, ainsi que des saignements légers et une irritation locale.
  • La « nidation ». Le système de santé britannique cite le saignement d'implantation parmi les causes possibles en tout début de grossesse. Pourtant, une étude prospective qui l'a précisément recherché, chez 151 femmes enceintes après une conception naturelle, n'a trouvé aucun argument en ce sens : les saignements survenaient rarement le jour de l'implantation, plutôt vers la date attendue des règles, et 12 des 14 femmes qui avaient saigné ont donné naissance à un enfant.
  • Un hématome sous-chorial, une petite collection de sang au contact de la poche de grossesse, visible à l'échographie. Dans une étude de 2024 portant sur 1 539 grossesses obtenues après le transfert d'un embryon testé génétiquement, il concernait environ une femme sur cinq ; les fausses couches précoces étaient plus fréquentes, 10,1 % contre 5,6 %, mais 85,6 % de ces grossesses ont abouti à une naissance, contre 91,2 % sans hématome.
  • Une grossesse qui ne se poursuit pas : grossesse biochimique ou fausse couche, expliquées dans l'article sur la grossesse biochimique et dans le risque de fausse couche semaine par semaine.
  • Une grossesse extra-utérine, rare mais possible même quand l'embryon a été déposé dans l'utérus : environ 1,6 % des grossesses obtenues par procréation assistée aux États-Unis en 2011.

Le type de cycle semble aussi jouer. Dans le registre suisse de la FIV, sur 7 342 grossesses obtenues après un transfert d'embryon congelé, un saignement du premier trimestre était noté plus souvent après un cycle substitué qu'après un cycle naturel, 8,4 % contre 3,5 %. C'est une association observée, pas la preuve d'une cause.

Avant la prise de sang : ce que je conseille

  • N'arrêtez pas la progestérone, ni les œstrogènes si vous êtes en cycle substitué. Les consignes données après un transfert le disent clairement : on ne modifie aucun médicament sans l'avis du centre. Les durées habituelles sont dans l'article sur la progestérone.
  • Faites le test au jour fixé, même si vous saignez. Un saignement, même proche de règles, ne prouve pas que le transfert a échoué, et un test urinaire fait trop tôt ne répond pas mieux (voir la nidation après un transfert).
  • Prévenez le centre le jour même, par écrit : date de début, couleur, quantité (traces, serviette fine, serviette remplie), douleurs éventuelles.
  • Portez des serviettes plutôt que des tampons : vous pourrez dire précisément quelle quantité vous perdez.

Après un test positif : l'échographie tranche

Si la bêta-hCG est positive et que vous saignez, le centre voudra en général voir l'évolution du taux, puis une échographie, parfois avancée. C'est elle qui renseigne vraiment : dans l'étude de 2023 citée plus haut, un saignement avec une échographie normale n'augmentait pas le risque de fausse couche, alors qu'une échographie anormale, sans activité cardiaque ou avec un embryon trop petit pour la date, augmentait nettement le risque. La lecture du chiffre est expliquée dans bêta-hCG après un transfert.

Que faire, selon la situation

SituationCe qu'il faut faire
Quelques traces rosées ou brunes, sans douleur, avant le testcontinuer le traitement, noter, prévenir le centre, faire le test au jour prévu
Saignement comparable à des règles, avant le testmême conduite : continuer le traitement et faire le test ; le centre dira la suite
Saignement léger après un test positifprévenir le centre le jour même ; il décidera d'un nouveau dosage ou d'une échographie
Saignement abondant (une serviette remplie peu après l'avoir mise), douleur intense du ventre, douleur à l'épaule, malaise ou vertigeurgences immédiatement, sans attendre la réponse du centre

Les signes de la dernière ligne sont ceux que le système de santé britannique considère comme une urgence immédiate. Dans l'Union européenne, le 112 fonctionne partout, gratuitement ; il est aussi utilisé en Suisse.

Vous êtes rentrée chez vous : qui appeler, que dire

Le saignement survient souvent quand vous êtes déjà rentrée. Appelez d'abord le centre grec, qui connaît votre protocole ; en cas de signe d'alerte, ou si personne ne répond et que vous êtes inquiète, consultez près de chez vous. Le médecin qui vous reçoit ne connaît ni le centre ni votre traitement. Gardez dans votre téléphone, et sur papier :

  • la date du transfert, le stade de l'embryon (blastocyste au cinquième ou au sixième jour) et le nombre d'embryons transférés ;
  • transfert frais ou congelé, cycle naturel ou substitué, don d'ovocytes ou non ;
  • la liste exacte de vos médicaments, avec la voie et l'horaire prescrits ;
  • vos résultats de bêta-hCG, avec leurs dates et leurs unités ;
  • votre groupe sanguin et votre rhésus, dont le médecin peut avoir besoin en cas de fausse couche ;
  • le numéro du centre grec, et le mien.

La suite du suivi, une fois la grossesse confirmée, est décrite dans l'article sur le retour.

Ce que je fais dans ces moments-là

Je ne remplace ni le centre ni votre médecin, et je ne donne pas d'avis médical. Mais quand une patiente m'écrit qu'elle saigne, je transmets l'information au centre, en grec si besoin, et je m'assure qu'elle sache qui appeler ensuite. Si vous voulez préparer ce plan avant de rentrer, écrivez-moi.

Questions fréquentes

Saigner après un transfert d'embryon, est-ce mauvais signe ?

Pas forcément. Les saignements légers sont fréquents en début de grossesse, et dans une étude de 2023 après FIV, un saignement associé à une échographie normale n'augmentait pas le risque de fausse couche. Seuls le test sanguin, puis l'échographie, permettent de conclure.

Faut-il arrêter la progestérone en cas de saignement ?

Non. Ne modifiez aucun médicament sans l'avis du centre, et faites la prise de sang au jour prévu, même si vous saignez.

Le saignement de nidation existe-t-il vraiment ?

Il est souvent cité, mais une étude prospective qui l'a précisément recherché n'a pas trouvé de saignement lié au moment de l'implantation. Après un transfert, un petit saignement peut venir du col de l'utérus ou de la progestérone vaginale.

Quand faut-il aller aux urgences après un transfert ?

En cas de saignement abondant, de douleur intense du ventre, de douleur à l'épaule, de malaise ou de vertige. Dans l'Union européenne, appelez le 112.

Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
Triada Baloukoudis

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact · Facebook

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