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Médical

Grossesse biochimique : un test positif qui ne tient pas

Il y a eu une implantation, puis elle s'est arrêtée. C'est une perte réelle, et c'est aussi, médicalement, une information qui n'est pas que négative.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

« Biochimique » : le mot est froid pour décrire ce que vivent les patientes. On a vu un chiffre positif, on a commencé à y croire, puis le deuxième dosage a baissé. Je veux d'abord dire ceci : c'est une perte, et elle mérite d'être traitée comme telle. Ensuite, il est utile de comprendre ce qu'elle signifie.

Définition

On parle de grossesse biochimique quand la bêta-hCG devient positive, mais baisse ensuite avant qu'une grossesse soit visible à l'échographie — c'est-à-dire avant que le sac gestationnel apparaisse, vers 5 à 6 semaines d'aménorrhée. L'embryon a commencé à s'implanter et à produire de l'hCG, puis son développement s'est arrêté.

La Société européenne de reproduction humaine (ESHRE) utilise plutôt le terme de « perte de grossesse biochimique » et la compte parmi les fausses couches précoces.

Est-ce fréquent ?

Très. En conception naturelle, beaucoup passent inaperçues : elles ressemblent à des règles un peu en retard. En FIV, parce qu'on dose l'hCG systématiquement, on les voit toutes. Selon les études, elles représentent environ 10 à 20 % des tests positifs après un transfert, avec une fréquence qui augmente avec l'âge des ovocytes.

Pourquoi cela arrive

La cause principale est la même que pour la plupart des fausses couches précoces : une anomalie chromosomique de l'embryon, présente dès la fécondation. Elle n'est due à rien de ce que vous avez fait ou pas fait. Plus rarement interviennent des facteurs utérins (polype, endométrite, cloison), hormonaux (thyroïde mal équilibrée, soutien lutéal insuffisant) ou, exceptionnellement, un syndrome des antiphospholipides.

Ce que la grossesse biochimique n'est pas : la conséquence d'un effort, d'un voyage en avion, d'un rapport sexuel ou du stress du quotidien.

Ce qu'elle dit de vos chances

C'est le point que les médecins soulignent souvent, et il est exact : une grossesse biochimique montre qu'un embryon a pu commencer à s'implanter. Plusieurs études ont observé que les patientes ayant eu une grossesse biochimique ont, au cycle suivant, des chances de naissance au moins comparables — parfois meilleures — que celles dont le test était resté négatif. Ce n'est pas une consolation, mais c'est une donnée.

Faut-il faire un bilan ?

Après une seule grossesse biochimique, en général non : c'est un événement fréquent et le plus souvent isolé. Un bilan se discute :

  • après deux pertes de grossesse ou plus, biochimiques comprises, selon la définition de l'ESHRE de 2022 ;
  • en cas d'échecs répétés de transfert d'embryons de bonne qualité ;
  • si un examen antérieur de la cavité utérine n'a jamais été fait.

Le bilan comprend habituellement une exploration de la cavité (échographie 3D ou hystéroscopie), la thyroïde, la recherche d'anticorps antiphospholipides et parfois un caryotype du couple. Le PGT-A est parfois proposé ; son intérêt dépend beaucoup de l'âge. J'en parle aussi dans l'article sur les échecs d'implantation.

Quand retenter ?

Physiquement, il n'est généralement pas nécessaire d'attendre plus d'un cycle : on attend le retour des règles et la négativation de l'hCG. Un transfert d'embryon congelé peut souvent être programmé dès le cycle suivant. Émotionnellement, en revanche, il n'y a pas de bon délai universel. Certaines patientes veulent repartir tout de suite ; d'autres ont besoin de deux ou trois mois. Les deux sont légitimes.

Ce que j'observe

La grossesse biochimique est souvent minimisée par l'entourage, parce qu'elle « n'a pas vraiment existé ». Les patientes, elles, ont souvent déjà imaginé une date d'accouchement. Parlez-en, à votre partenaire, à une amie, à un professionnel si besoin. Ce qui ne se dit pas pèse plus lourd au transfert suivant.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une grossesse biochimique ?

Une grossesse détectée par la bêta-hCG qui s'arrête avant d'être visible à l'échographie, en général avant 5 à 6 semaines d'aménorrhée.

Une grossesse biochimique est-elle de ma faute ?

Non. La cause principale est une anomalie chromosomique de l'embryon, présente dès la fécondation. Ni l'effort, ni l'avion, ni le stress ordinaire n'en sont la cause.

Faut-il un bilan après une grossesse biochimique ?

Après une seule, généralement non. Un bilan se discute après deux pertes de grossesse ou plus, ou après des échecs répétés de transfert.

Quand peut-on refaire un transfert ?

Souvent dès le cycle suivant, une fois l'hCG négativée et les règles revenues. Le délai émotionnel, lui, est propre à chacune.

Sources
  1. ESHRE — Guideline on recurrent pregnancy loss, 2022 (inclusion des pertes biochimiques).
  2. Kolte AM et al. « Terminology for pregnancy loss prior to viability », Human Reproduction, 2015.
  3. Liu Y et al. « Biochemical pregnancy loss and subsequent live birth after ART », Fertility and Sterility, 2020.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

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