Taille du texte
Médical

Hystéroscopie : l'examen le plus rentable et le plus souvent sauté

On explore beaucoup les ovaires et le sperme. La cavité utérine, dans laquelle l'embryon doit s'implanter, est celle qu'on regarde le moins.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

L'hystéroscopie diagnostique consiste à introduire une optique fine par le col pour regarder directement l'intérieur de l'utérus. Elle dure quelques minutes, se fait le plus souvent au cabinet sans anesthésie, et voit ce qu'aucune échographie ne montre avec certitude.

Ce qu'elle trouve

  • Les polypes de l'endomètre, présents chez une part importante des femmes en bilan d'infertilité. Leur ablation améliore les taux de grossesse, y compris pour de petits polypes.
  • Les cloisons utérines, malformations congénitales associées aux fausses couches. Leur section est simple.
  • Les synéchies, adhérences intra-utérines souvent consécutives à un curetage ou à une infection.
  • Les myomes sous-muqueux, qui déforment la cavité et gênent l'implantation, contrairement aux myomes situés à l'extérieur du muscle.
  • L'endométrite chronique, la découverte la plus intéressante des dernières années.

L'endométrite chronique

C'est une inflammation persistante et discrète de l'endomètre, sans fièvre, sans douleur, sans pertes anormales. Elle passe donc totalement inaperçue. À l'hystéroscopie, elle se traduit par des micropolypes, un œdème de la muqueuse et une rougeur en pointillés. Le diagnostic se confirme par une biopsie de l'endomètre avec recherche de plasmocytes, marqués par l'anticorps CD138.

Elle est retrouvée chez une proportion élevée de patientes en échec d'implantation répété ou en fausses couches à répétition — les séries publiées donnent des chiffres allant de 15 à plus de 40 % selon les critères. Le traitement est un antibiotique oral, le plus souvent une doxycycline pendant deux à trois semaines, avec un contrôle histologique ensuite. Plusieurs études rapportent une nette amélioration des taux d'implantation après guérison, même si le niveau de preuve reste moyen et que des essais randomisés de qualité manquent encore.

Ce que je retiens, en pratique : c'est un examen simple, un traitement peu coûteux et bien toléré, sur une anomalie fréquente et silencieuse. Après plusieurs échecs, ne pas l'avoir cherchée serait dommage. L'article sur les échecs répétés replace ce point dans le bilan complet.

Quand la demander

Systématiquement après deux échecs de transfert d'embryons de bonne qualité, après deux fausses couches, avant un transfert avec don d'ovocytes — parce qu'il serait absurde de transférer un embryon issu d'une donneuse jeune dans une cavité non explorée — et devant toute anomalie ou tout doute à l'échographie. Beaucoup de centres grecs la demandent avant le premier transfert, ce qui est une bonne pratique.

Comment ça se passe

Le moment idéal se situe en première partie de cycle, après les règles et avant l'ovulation, quand l'endomètre est fin. L'examen dure trois à dix minutes. Sans anesthésie, il provoque des crampes comparables à des règles douloureuses ; un antalgique une heure avant aide. Chez les femmes n'ayant jamais accouché ou en cas de col difficile, une anesthésie légère peut être proposée. Des saignements légers pendant un ou deux jours sont normaux, et les rapports sont possibles après quelques jours.

Si une anomalie est trouvée, elle est parfois traitée dans le même temps — c'est l'hystéroscopie opératoire, généralement sous anesthésie et au bloc. Comptez alors un à deux cycles avant de reprendre un parcours.

Où la faire

En France, elle est prise en charge et se réalise chez la plupart des gynécologues équipés, avec un délai de quelques semaines. C'est l'un des examens que je conseille de faire chez soi plutôt que sur place : le compte rendu et les images suffisent au centre étranger, et cela évite d'ajouter un séjour. La liste complète des examens à préparer reprend ce point.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'endométrite chronique ?

Une inflammation persistante et silencieuse de l'endomètre, sans fièvre ni douleur. Elle se diagnostique par hystéroscopie et biopsie avec marquage CD138, et se traite par un antibiotique oral pendant deux à trois semaines.

Quand faut-il faire une hystéroscopie ?

Après deux échecs de transfert d'embryons de bonne qualité, après deux fausses couches, avant un transfert avec don d'ovocytes, et devant toute anomalie échographique.

L'hystéroscopie est-elle douloureuse ?

Sans anesthésie, elle provoque des crampes comparables à des règles douloureuses pendant trois à dix minutes. Un antalgique une heure avant aide, et une anesthésie légère est possible en cas de col difficile.

Peut-on la faire en France avant de partir ?

Oui, et c'est recommandé : elle est prise en charge, se réalise chez la plupart des gynécologues équipés, et le compte rendu suffit au centre étranger.

Sources
  1. ESHRE good practice recommendations on recurrent implantation failure (2023).
  2. Cicinelli E. et al., Human Reproduction — endométrite chronique, diagnostic hystéroscopique et traitement antibiotique.
  3. Pundir J. et al., Reproductive BioMedicine Online — hystéroscopie avant FIV, méta-analyse.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

Une question sur votre situation ?

Le premier échange est gratuit et sans engagement.

Sur le même sujet

WhatsApp