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Médical

Endométriose et adénomyose : ce qui change vraiment dans un parcours de FIV

Deux maladies proches, souvent confondues, qui n'agissent pas au même endroit. L'une abîme surtout les ovaires, l'autre surtout l'utérus. Le protocole ne peut pas être le même.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Une femme sur dix vit avec une endométriose, et le diagnostic met encore sept ans en moyenne à être posé en France. Beaucoup l'apprennent au moment du bilan d'infertilité. La première question est presque toujours la même : est-ce que cela veut dire que la FIV ne marchera pas ? La réponse honnête est non, mais le parcours doit être adapté.

Deux maladies distinctes

L'endométriose correspond à la présence de tissu semblable à l'endomètre en dehors de l'utérus : sur les ovaires (endométriomes), le péritoine, les ligaments, parfois le rectum ou la vessie. Elle provoque douleurs, inflammation et adhérences.

L'adénomyose est la présence de ce tissu dans le muscle utérin lui-même. Elle donne des règles abondantes, un utérus globuleux à l'échographie, et surtout un impact direct sur l'implantation. Elle est fréquemment associée à l'endométriose mais peut exister seule, et elle reste sous-diagnostiquée : c'est l'un des motifs pour lesquels une IRM pelvienne mérite d'être demandée après des échecs inexpliqués.

L'impact sur les chances

Sur la réserve ovarienne, l'endométriose ovarienne, et surtout sa chirurgie, réduisent le nombre de follicules disponibles. Une kystectomie d'endométriome fait baisser l'AMH de manière mesurable et parfois durable. C'est pourquoi la décision d'opérer avant une FIV doit être pesée soigneusement.

Sur les résultats de la FIV elle-même, les méta-analyses sont plutôt rassurantes : à réserve ovarienne comparable, les taux de naissance par transfert sont proches de ceux des patientes sans endométriose. Le désavantage porte surtout sur le nombre d'ovocytes recueillis, donc sur les chances cumulées par ponction.

L'adénomyose, en revanche, réduit clairement le taux d'implantation et augmente le risque de fausse couche. C'est là que le protocole change le plus.

Les protocoles adaptés

Le protocole long agoniste, ou une préparation par agonistes de la GnRH pendant deux à trois mois avant le transfert, est le plus documenté en cas d'adénomyose. Il met l'utérus au repos et améliore les taux d'implantation. Il allonge le calendrier de plusieurs semaines, ce qui compte quand on organise un déplacement à l'étranger.

La stratégie « freeze all » — congeler tous les embryons et transférer lors d'un cycle ultérieur — permet de dissocier la stimulation, qui élève les œstrogènes et peut aggraver l'inflammation, du transfert lui-même. Le déroulé d'un transfert d'embryon congelé est détaillé ici.

L'accumulation d'embryons sur plusieurs ponctions, en cas de réserve diminuée par la maladie ou par une chirurgie antérieure.

Opérer avant, ou pas ?

C'est la décision la plus délicate. Les recommandations européennes vont dans le sens de la prudence : la chirurgie d'un endométriome n'améliore pas les résultats de la FIV et coûte de la réserve ovarienne. Elle se discute si le kyste est volumineux, douloureux, s'il gêne l'accès aux follicules lors de la ponction, ou si un doute existe sur sa nature. Une deuxième chirurgie sur le même ovaire est particulièrement coûteuse en réserve.

En revanche, une hydrosalpinx — trompe dilatée et remplie de liquide — doit être traitée avant tout transfert : elle réduit fortement l'implantation, et cela fait consensus.

Ce que je vérifie dans un dossier

  1. Une IRM pelvienne récente, ou une échographie faite par un opérateur formé à l'endométriose. Une échographie standard passe souvent à côté de l'adénomyose.
  2. Un dosage d'AMH et un compte des follicules antraux datant de moins de six mois, surtout après une chirurgie. L'article sur l'AMH explique comment les lire.
  3. Le compte rendu opératoire s'il y a eu chirurgie : ce qui a été retiré, sur quel ovaire.
  4. Une évaluation de la cavité utérine, hystéroscopie ou échographie 3D.

Avec ces quatre éléments, un médecin peut proposer un protocole qui tient debout. Sans eux, il propose un protocole standard, et c'est précisément ce qu'il faut éviter dans cette situation.

Et le don d'ovocytes ?

Il se discute lorsque la réserve est très diminuée, souvent après plusieurs chirurgies, et que les ponctions ne ramènent plus assez d'ovocytes. L'utérus adénomyosique restant le facteur limitant, la préparation endométriale reste alors aussi importante que l'origine des ovocytes. Ce n'est pas une solution magique, et un centre honnête vous le dira.

Questions fréquentes

L'endométriose empêche-t-elle une FIV de réussir ?

Non. À réserve ovarienne comparable, les taux de naissance par transfert sont proches de ceux des autres patientes. Le désavantage porte surtout sur le nombre d'ovocytes recueillis par ponction.

Quelle est la différence entre endométriose et adénomyose ?

L'endométriose est la présence de tissu endométrial en dehors de l'utérus ; l'adénomyose est sa présence dans le muscle utérin lui-même. La seconde affecte surtout l'implantation et augmente le risque de fausse couche.

Faut-il opérer un endométriome avant une FIV ?

Pas systématiquement. La chirurgie n'améliore pas les résultats de la FIV et fait baisser la réserve ovarienne. Elle se discute si le kyste est volumineux, douloureux, gêne la ponction ou pose un doute diagnostique.

Quel protocole en cas d'adénomyose ?

Le plus documenté est une préparation par agonistes de la GnRH pendant deux à trois mois avant un transfert d'embryon congelé, ce qui met l'utérus au repos et améliore l'implantation.

Sources
  1. ESHRE guideline — Endometriosis (2022), chapitre fertilité et prise en charge en AMP.
  2. Haute Autorité de Santé / CNGOF — Recommandations sur la prise en charge de l'endométriose (2018).
  3. Younes G., Tulandi T., Fertility and Sterility, 2017 — adénomyose et issues de la FIV, méta-analyse.
  4. Somigliana E. et al., Human Reproduction Update — chirurgie de l'endométriome et réserve ovarienne.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

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