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Médical

Taux d'AMH bas : ce que le chiffre dit vraiment, et ce qu'il ne dit pas

Une AMH à 0,4 ng/ml annoncée au téléphone provoque plus de paniques que n'importe quel autre résultat. Voici ce qu'elle mesure exactement, et ce qu'elle ne mesure pas du tout.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

L'hormone antimüllérienne est produite par les petits follicules en croissance dans les ovaires. Plus il en reste, plus l'AMH est élevée. C'est donc un indicateur de quantité : combien de follicules restent mobilisables. Ce n'est pas un indicateur de qualité, et c'est là que naissent la plupart des malentendus.

Les ordres de grandeur

Les valeurs varient selon le laboratoire et l'unité utilisée ; demandez toujours les normes du laboratoire qui a fait le dosage. À titre indicatif, en ng/ml :

  • Au-dessus de 3,5 : réserve élevée. Fréquent en cas de syndrome des ovaires polykystiques ; attention au risque d'hyperstimulation lors d'une FIV.
  • 1,0 à 3,5 : réserve normale pour l'âge.
  • 0,5 à 1,0 : réserve diminuée. La réponse à la stimulation sera plus modeste.
  • En dessous de 0,5 : réserve très diminuée. Peu d'ovocytes attendus par ponction, mais pas zéro.

Ces seuils doivent toujours être lus à côté de l'âge. Une AMH de 0,8 à 30 ans et à 42 ans ne racontent pas la même histoire.

Ce que l'AMH ne prédit pas

Trois choses, et il faut les entendre clairement.

Elle ne prédit pas la qualité des ovocytes. C'est l'âge qui la détermine, principalement par le taux d'anomalies chromosomiques. Une femme de 30 ans avec une AMH basse a peu d'ovocytes, mais des ovocytes de 30 ans.

Elle ne prédit pas la fertilité naturelle. Les études menées chez des femmes sans problème de fertilité connu n'ont pas montré de lien entre AMH basse et probabilité réduite de concevoir naturellement dans l'année. L'AMH prédit la réponse à une stimulation ovarienne, ce qui est autre chose.

Elle ne prédit pas la date de la ménopause avec une précision utile à l'échelle individuelle.

Les autres marqueurs, et pourquoi ils comptent ensemble

Le compte des follicules antraux (CFA) se fait par échographie en début de cycle : on compte les follicules de 2 à 10 mm dans les deux ovaires. Combiné à l'AMH, il donne l'estimation la plus fiable de la réponse attendue. Un CFA inférieur à 6 accompagne généralement une AMH basse.

La FSH, dosée au troisième jour du cycle, s'élève quand les ovaires répondent moins bien. Une FSH supérieure à 10-12 UI/l est un signal. Contrairement à l'AMH, elle varie beaucoup d'un cycle à l'autre.

L'œstradiol du troisième jour sert à interpréter la FSH : un œstradiol élevé peut masquer artificiellement une FSH haute.

La LH et la prolactine complètent le tableau, notamment en cas de cycles irréguliers.

L'AMH peut se doser n'importe quel jour du cycle, contrairement à la FSH. Une contraception hormonale en cours peut abaisser légèrement le résultat : signalez-le au médecin.

Ce qu'on fait quand l'AMH est basse

D'abord, on ne perd pas de temps. C'est la seule vraie urgence que crée ce résultat : chaque année compte davantage. Ensuite, on adapte :

  • Protocoles antagonistes ou stimulations douces, souvent mieux tolérés et aussi efficaces qu'une stimulation lourde chez ces patientes.
  • Accumulation d'embryons sur deux ou trois ponctions successives avant un transfert unique, pour augmenter les chances cumulées.
  • FIV en cycle naturel ou semi-naturel, discutée dans les réserves très basses, avec peu de médicaments.
  • Don d'ovocytes, si l'âge et les tentatives précédentes le justifient. C'est une conversation qui vient plus tard, jamais au premier rendez-vous. Le cadre grec du don est ici.

Aucun complément alimentaire n'a démontré qu'il augmentait la réserve ovarienne. La DHEA et la CoQ10 sont parfois proposées ; les données restent faibles et contradictoires. Méfiez-vous de tout ce qui promet de « remonter votre AMH ».

La question de la congélation

Si vous avez moins de 37 ans et une AMH basse, la question de l'autoconservation des ovocytes se pose sérieusement, et vite. Il faudra probablement deux cycles pour obtenir un nombre utile d'ovocytes, ce qui plaide encore davantage pour ne pas attendre.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un taux d'AMH normal ?

À titre indicatif, entre 1,0 et 3,5 ng/ml pour une réserve normale, en dessous de 1,0 pour une réserve diminuée. Les normes varient selon le laboratoire et doivent toujours être lues à côté de l'âge.

Une AMH basse veut-elle dire que je suis infertile ?

Non. L'AMH mesure la quantité de follicules restants, pas la qualité des ovocytes ni la capacité à concevoir naturellement. Elle prédit surtout la réponse à une stimulation ovarienne.

À quel moment du cycle faut-il doser l'AMH ?

N'importe quel jour, contrairement à la FSH qui se dose au troisième jour. Signalez une contraception hormonale en cours, qui peut abaisser légèrement le résultat.

Peut-on faire remonter son AMH ?

Non. Aucun complément n'a démontré qu'il augmentait la réserve ovarienne. La DHEA et la CoQ10 sont parfois proposées, avec des données faibles et contradictoires.

Sources
  1. ESHRE guideline — Ovarian Stimulation for IVF/ICSI (2019, mise à jour), marqueurs de réserve ovarienne.
  2. Steiner A.Z. et al., JAMA, 2017 — association entre marqueurs de réserve ovarienne et fécondité naturelle.
  3. Practice Committee of the ASRM — Testing and interpreting measures of ovarian reserve.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

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