Taille du texte
Pratique

Le test est positif : comment organiser la suite en France

Le centre grec vous suit jusqu'à la première échographie. Ensuite, tout se passe chez vous, et c'est une transition que peu de patientes préparent.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Une grossesse obtenue par FIV à l'étranger est une grossesse comme une autre du point de vue du suivi français. Il n'y a pas de circuit particulier, pas de déclaration spéciale, et vous avez exactement les mêmes droits qu'une femme ayant conçu naturellement. Ce qui change, c'est la logistique des premières semaines.

Les premières semaines

Le dosage d'hCG se fait dans un laboratoire français, sur ordonnance du centre grec ou de votre médecin. Un contrôle à 48 heures vérifie que le taux progresse. La première échographie a lieu vers sept semaines d'aménorrhée : elle confirme la localisation intra-utérine, le nombre d'embryons et l'activité cardiaque. Elle peut être réalisée par votre gynécologue ou dans un centre d'imagerie ; envoyez le compte rendu au centre grec, qui reste votre référent jusque-là.

Point critique : ne suspendez pas le traitement hormonal. La progestérone, et l'œstradiol si vous êtes en cycle substitué, se poursuivent jusqu'à la dixième ou douzième semaine. Un médecin français non informé peut être surpris par ces doses : montrez-lui l'ordonnance grecque. L'article sur la progestérone détaille les durées.

Ce qu'il faut rapporter de Grèce

Demandez au centre, avant de partir ou par courriel ensuite, un dossier comprenant : le compte rendu du cycle avec le type de traitement, la date du transfert et le nombre d'embryons transférés, l'ordonnance du traitement hormonal avec les dates d'arrêt, les sérologies et le groupe sanguin, et la mention du recours éventuel à un don de gamètes. Ce dernier point mérite une explication.

Faut-il mentionner le don ?

Sur le plan médical, oui, et c'est important. Une grossesse issue d'un don d'ovocytes présente un risque de prééclampsie plus élevé, indépendamment de l'âge : l'information change la surveillance, avec souvent une prescription d'aspirine à faible dose dès le premier trimestre et un suivi tensionnel renforcé. Un obstétricien qui l'ignore ne peut pas adapter sa surveillance.

Sur le plan personnel, cette information relève du secret médical et n'est partagée qu'avec les professionnels qui vous suivent. Vous n'avez rien à en dire à votre entourage, ni à la maternité au-delà de l'équipe médicale. Si vous craignez un jugement, sachez que les équipes hospitalières reçoivent régulièrement des grossesses obtenues à l'étranger : ce n'est ni rare ni commenté.

Les démarches administratives

La déclaration de grossesse se fait avant la fin de la quatorzième semaine, par votre médecin ou votre sage-femme, directement en ligne auprès de l'Assurance maladie et de la caisse d'allocations familiales. Elle ouvre la prise en charge à 100 % à partir du sixième mois et le calendrier des sept consultations obligatoires et trois échographies. Aucune de ces démarches ne dépend du lieu de la conception.

L'inscription en maternité se fait tôt dans les grandes villes, parfois dès la confirmation de la grossesse. Si vous attendez des jumeaux, orientez-vous d'emblée vers une maternité de niveau 2 ou 3. L'article sur le transfert unique explique pourquoi ce point compte.

Trouver le bon interlocuteur

La plupart des gynécologues suivent sans difficulté une grossesse obtenue à l'étranger. Si vous sentez une réticence ou un jugement, changez : vous n'avez pas à passer neuf mois à vous justifier. Une sage-femme libérale peut assurer l'essentiel du suivi d'une grossesse sans complication, souvent avec plus de disponibilité, et le suivi partagé avec un obstétricien reste possible.

Et le centre grec ?

Son rôle s'achève en général après la première échographie. Gardez malgré tout son contact : en cas de saignement ou de doute dans les premières semaines, il connaît votre protocole exact et peut répondre vite. C'est aussi lui qui détient vos embryons congelés s'il en reste, et il vous faudra le recontacter pour la conservation ou pour un second enfant. Le sujet de la conservation est traité ici.

Questions fréquentes

Le suivi de grossesse est-il différent après une FIV à l'étranger ?

Non. C'est un suivi français standard, avec les mêmes droits et le même calendrier. Seule la transition des premières semaines demande de l'organisation.

Faut-il dire à son gynécologue qu'il y a eu un don d'ovocytes ?

Oui, sur le plan médical : le risque de prééclampsie est plus élevé et justifie souvent de l'aspirine à faible dose et un suivi tensionnel renforcé. Cette information reste couverte par le secret médical.

Quand faire la déclaration de grossesse ?

Avant la fin de la quatorzième semaine, par votre médecin ou sage-femme, en ligne auprès de l'Assurance maladie et de la CAF. Le lieu de la conception n'a aucune incidence.

Faut-il continuer le traitement hormonal au retour ?

Oui, jusqu'à la dixième ou douzième semaine selon le protocole. Ne l'interrompez jamais de votre propre initiative et montrez l'ordonnance grecque à votre médecin français.

Sources
  1. Assurance maladie — déclaration de grossesse, suivi et prise en charge.
  2. HAS — Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque.
  3. Storgaard M. et al., BJOG, 2017 — risque de prééclampsie dans les grossesses par don d'ovocytes.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

Une question sur votre situation ?

Le premier échange est gratuit et sans engagement.

Sur le même sujet

WhatsApp