La vitrification a changé la FIV : un blastocyste de bon grade survit à la décongélation dans plus de 95 % des cas, avec des taux de grossesse comparables au frais. Résultat, la plupart des cycles produisent des embryons surnuméraires, et donc une question qu'on préfère remettre à plus tard.
La durée en Grèce
La loi grecque fixe une durée initiale de conservation de cinq ans, prolongeable par périodes successives sur demande écrite du couple ou de la femme, jusqu'à un maximum de dix ans, voire davantage dans certaines situations médicales prévues par la loi. La demande de prolongation doit être formulée avant l'échéance : c'est votre responsabilité, pas celle du centre, même si les bons centres préviennent.
À titre de comparaison, la France applique une durée de cinq ans avec consultation annuelle du couple, et le Royaume-Uni est passé à un maximum de cinquante-cinq ans avec renouvellement tous les dix ans. Les cadres diffèrent beaucoup : si vos embryons sont en Grèce, c'est le droit grec qui s'applique.
Le coût
La conservation annuelle se situe généralement entre 300 et 600 euros dans les centres grecs, parfois avec une première année incluse dans le forfait du cycle. Certains centres proposent des forfaits pluriannuels moins chers. Le point à vérifier par écrit : ce qui se passe en cas de non-paiement. Dans la plupart des contrats, l'absence de paiement et de réponse pendant une période définie autorise le centre à appliquer l'option choisie dans votre consentement — ce qui peut signifier la destruction. Une adresse électronique périmée est la cause la plus banale de ce scénario. Prévenez le centre à chaque changement d'adresse.
Ce que le consentement doit prévoir
Quatre situations, et vous devez cocher une option pour chacune :
- Fin du projet parental : que faire des embryons restants une fois votre famille complète ?
- Séparation ou divorce : en droit grec comme en droit français, l'utilisation ultérieure suppose l'accord des deux personnes. Un embryon ne peut pas être transféré contre la volonté de l'un des deux, quelle que soit la contribution génétique.
- Décès de l'un des deux : la loi grecque encadre strictement l'utilisation post mortem, qui suppose un consentement notarié spécifique et un délai. Le droit français, lui, ne reconnaît pas la filiation issue d'un transfert post mortem, ce qui rend cette option très délicate pour un couple français.
- Fin de la durée légale sans décision de votre part.
Les options disponibles sont en général : la destruction, le don à la recherche, ou le don à un autre couple. Ce dernier existe en Grèce et constitue, pour d'autres patients, une voie plus accessible qu'un double don. L'article sur le double don compare les deux.
Ce que je conseille
Relisez le consentement avant chaque transfert, pas seulement à la signature initiale. Il est modifiable, et vos réponses à 34 ans ne sont pas forcément celles que vous donnerez à 41.
Faites-le traduire si vous ne lisez pas le grec ou l'anglais juridique avec aisance. Un centre sérieux fournit une version dans une langue que vous maîtrisez ; sinon, c'est un signal.
Parlez-en en couple avant de signer, en particulier de l'hypothèse de la séparation. C'est une conversation désagréable de dix minutes qui évite des situations dont les tribunaux européens sont pleins.
Notez la date d'échéance dans votre agenda, avec un rappel six mois avant.
Et si vous rentrez définitivement en France ?
Le transfert d'embryons d'un pays à un autre est possible en principe, mais suppose l'accord du centre receveur, un transporteur spécialisé agréé et des démarches administratives dans les deux pays. Ce n'est ni rapide ni gratuit. Si vous envisagez un déménagement à moyen terme, posez la question avant de constituer une réserve d'embryons quelque part — c'est plus simple à anticiper qu'à résoudre.
Questions fréquentes
Combien de temps peut-on conserver des embryons en Grèce ?
Cinq ans initialement, prolongeables par périodes successives sur demande écrite, jusqu'à dix ans au maximum, voire davantage dans certaines situations médicales prévues par la loi.
Combien coûte la conservation ?
Généralement 300 à 600 euros par an, parfois avec la première année incluse dans le forfait du cycle. Vérifiez par écrit ce qui se passe en cas de non-paiement.
Que deviennent les embryons en cas de séparation ?
L'utilisation ultérieure suppose l'accord des deux personnes : un embryon ne peut pas être transféré contre la volonté de l'un des deux. C'est pourquoi cette hypothèse doit être discutée avant de signer.
Peut-on transférer ses embryons vers un autre pays ?
En principe oui, mais cela suppose l'accord du centre receveur, un transporteur spécialisé agréé et des démarches dans les deux pays. Mieux vaut l'anticiper avant de constituer une réserve d'embryons.
Sources- Loi grecque 3305/2005, article 7 — cryoconservation, durées et consentements.
- Code de la santé publique, article L.2141-4 — conservation des embryons en France.
- ESHRE — Good practice recommendations on cryopreservation in ART.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB
Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact
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