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Médical

Une grossesse obtenue par FIV est-elle plus à risque ? Ce que montrent les études

La grande majorité des grossesses obtenues par FIV se déroulent normalement. Certains risques sont pourtant un peu plus élevés, et les connaître permet surtout d'être bien suivie.

Publié le · 6 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Après des mois ou des années de parcours, le test positif arrive avec une nouvelle inquiétude : « Ma grossesse est-elle fragile parce qu'elle vient d'une FIV ? » La réponse honnête tient en deux phrases. Oui, certains risques sont un peu plus élevés qu'après une conception naturelle. Non, ils ne justifient ni l'angoisse ni un mode de vie de malade : ils justifient un suivi attentif.

Les chiffres, pour une grossesse unique

La plus grande méta-analyse sur le sujet, publiée en 2016, a comparé plus de 160 000 grossesses obtenues par procréation assistée à plus de deux millions de grossesses spontanées. Pour une grossesse unique, elle trouve les risques relatifs suivants :

ComplicationRisque par rapport à une grossesse spontanée
Placenta praeviaenviron 3,7 fois plus élevé
Hématome rétroplacentaireenviron 1,8 fois
Accouchement prématuréenviron 1,7 fois
Petit poids de naissanceenviron 1,6 fois
Mortalité périnataleenviron 1,6 fois
Malformations congénitalesenviron 1,4 fois
Diabète gestationnelenviron 1,3 fois
Hypertension de la grossesseenviron 1,3 fois
Césarienneenviron 1,6 fois

Une méta-analyse antérieure, publiée en 2012, trouvait des ordres de grandeur comparables pour la prématurité, le petit poids de naissance et les malformations.

Comment lire un risque relatif

« 1,6 fois plus » ne veut pas dire « 60 % de risque ». Si une complication concerne, par exemple, 5 grossesses sur 100 dans la population générale, un risque relatif de 1,6 la porte à 8 sur 100 : 92 grossesses sur 100 restent alors sans cette complication. Pour les événements rares, comme la mortalité périnatale ou les malformations graves, le risque reste faible en valeur absolue, même multiplié. Demandez toujours à votre médecin le chiffre absolu qui correspond à votre situation.

La FIV, ou l'infertilité ?

Une partie de ces écarts ne vient pas de la technique, mais de ce qui a rendu la FIV nécessaire : l'âge, l'infertilité elle-même, certaines maladies associées. Une grande revue publiée en 2019 sur la santé des enfants conçus par FIV souligne que les études comparant des frères et sœurs nés d'une même mère, l'un par FIV et l'autre naturellement, retrouvent des écarts plus faibles. Les auteurs qualifient l'excès de risque de « modeste ».

Embryon frais ou congelé : des risques différents

Les transferts d'embryons congelés n'ont pas le même profil que les transferts frais. Une méta-analyse de 2018 a montré qu'après un transfert congelé, les risques de prématurité, de petit poids de naissance et de bébé petit pour l'âge gestationnel étaient plus faibles qu'après un transfert frais. À l'inverse, les risques d'hypertension de la grossesse et de bébé de gros poids pour l'âge gestationnel étaient plus élevés, d'environ 30 % et 50 %. Ni les malformations ni la mortalité périnatale ne différaient.

Le type de cycle du transfert congelé compte aussi

Un embryon congelé peut être transféré en cycle naturel, avec une ovulation, ou en cycle substitué, où l'endomètre est préparé par des hormones et où il n'y a pas d'ovulation, donc pas de corps jaune. Or le corps jaune semble jouer un rôle dans l'adaptation des vaisseaux de la mère au début de la grossesse. Dans une étude américaine de 2019, la prééclampsie touchait 12,8 % des femmes après un transfert en cycle substitué, contre 3,9 % en cycle naturel modifié. Une méta-analyse de 2023, portant sur plus de 110 000 transferts, retrouve un risque de prééclampsie environ deux fois plus faible en cycle naturel, avec des données de qualité encore modeste. Pour les femmes qui ovulent, les auteurs privilégient donc le cycle naturel. Le choix entre les deux est détaillé dans cycle naturel ou cycle substitué.

Le premier facteur de risque : les jumeaux

Aucun des chiffres précédents ne pèse autant que la grossesse multiple. Dans les données américaines de la procréation assistée, 64 % des jumeaux naissaient prématurément, contre 14 % des enfants uniques, et 55 % avaient un petit poids de naissance, contre 9 %. C'est la raison principale pour laquelle le transfert d'un seul embryon est aujourd'hui recommandé dans la plupart des situations : voir un embryon ou deux.

Don d'ovocytes et âge maternel

Le don d'ovocytes est associé à un risque plus élevé de prééclampsie, et l'âge de la receveuse ajoute ses propres risques : hypertension, diabète gestationnel, césarienne. Les repères selon l'âge sont dans la grossesse après 40 ans. Chez les femmes à haut risque de prééclampsie, un grand essai randomisé publié en 2017 a montré qu'une faible dose quotidienne d'aspirine, de la fin du premier trimestre à 36 semaines, réduisait nettement la prééclampsie avant terme : 1,6 % contre 4,3 %. C'est à l'obstétricien de dire si cela vous concerne ; ne commencez rien de vous-même.

Ce que cela change pour le suivi

  • Dites à votre médecin que la grossesse a été obtenue par FIV, et précisez s'il s'agit d'un transfert frais ou congelé, en cycle naturel ou substitué, et d'un don d'ovocytes ou non.
  • Faites contrôler votre tension régulièrement, et signalez sans attendre maux de tête, troubles de la vue ou gonflement brutal des mains et du visage.
  • Le dépistage du diabète gestationnel et l'échographie qui vérifie la position du placenta prennent ici toute leur importance.

L'organisation du suivi dans votre pays, après la première échographie, est détaillée dans l'article sur le retour, et le début de grossesse dans la première échographie après une FIV. Si vous voulez récupérer auprès du centre grec les informations dont votre obstétricien aura besoin, écrivez-moi.

Questions fréquentes

Une grossesse obtenue par FIV est-elle une grossesse à risque ?

Elle comporte des risques un peu plus élevés, notamment de prématurité, de placenta praevia et d'hypertension, mais la grande majorité se déroule normalement. Elle justifie un suivi attentif, pas l'inquiétude.

Le risque de malformation est-il plus élevé après une FIV ?

Légèrement : environ 1,4 fois selon une grande méta-analyse, en partie à cause de l'infertilité elle-même. La grande majorité des enfants nés après une FIV n'ont aucune malformation.

Un transfert d'embryon congelé est-il plus sûr qu'un transfert frais ?

Il a un profil différent : moins de prématurité et de petit poids de naissance, mais plus d'hypertension de la grossesse et de bébés de gros poids, surtout en cycle substitué.

Faut-il prendre de l'aspirine pendant une grossesse obtenue par FIV ?

Seulement si votre obstétricien la prescrit. Elle réduit la prééclampsie avant terme chez les femmes à haut risque, et c'est à lui d'évaluer votre risque.

Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
Triada Baloukoudis

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact · Facebook

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