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Médical

Fibromes et polypes : lesquels gênent une FIV, lesquels non

Un fibrome découvert à l'échographie inquiète toujours. Pourtant, sa localisation compte beaucoup plus que sa taille, et beaucoup n'ont aucun effet sur la fertilité.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Les fibromes sont extrêmement fréquents : on en trouve chez une grande partie des femmes après 35 ans. Les polypes de l'endomètre aussi. La question n'est donc pas « en ai-je ? », mais « est-ce que celui-là gêne ? ». Voici comment les médecins raisonnent.

Qu'est-ce qu'un fibrome ?

Un fibrome (ou myome) est une tumeur bénigne du muscle de l'utérus. La classification internationale FIGO les décrit selon leur position :

  • Sous-muqueux (types 0 à 2) : ils font saillie dans la cavité utérine, là où l'embryon s'implante.
  • Interstitiels (types 3 à 5) : dans l'épaisseur du muscle.
  • Sous-séreux (types 6 et 7) : à la surface externe de l'utérus.

Leur effet sur la fertilité

Les fibromes sous-muqueux diminuent nettement les chances d'implantation et augmentent le risque de fausse couche. Leur retrait par hystéroscopie améliore les résultats : c'est l'indication la plus claire.

Les fibromes sous-séreux n'ont pas d'effet démontré sur la fertilité. On ne les opère pas pour une FIV, sauf s'ils sont très volumineux ou symptomatiques.

Les fibromes interstitiels sont la zone grise. Les méta-analyses suggèrent une baisse modérée des chances, surtout au-delà de 4 à 5 cm ou s'ils déforment la cavité. Mais la myomectomie (souvent par cœlioscopie ou laparotomie) n'a pas prouvé qu'elle améliore le taux de naissance dans ce cas, et elle a un coût : cicatrice utérine, délai de cicatrisation, et parfois césarienne recommandée ensuite. La décision est individuelle.

Les polypes de l'endomètre

Ce sont des excroissances bénignes de la muqueuse utérine, souvent découvertes à l'échographie ou lors d'une hystéroscopie. Les petits polypes (moins d'un centimètre) ont probablement peu d'effet ; beaucoup de médecins préfèrent néanmoins les retirer avant un transfert, parce que le geste est simple : une hystéroscopie opératoire de quelques minutes, souvent en ambulatoire, qui permet aussi d'analyser le polype. Un essai randomisé ancien avait montré plus de grossesses après retrait des polypes avant une insémination.

Le diagnostic

  • Échographie pelvienne, idéalement en 3D, en première partie de cycle.
  • Hystérosonographie : échographie après injection de sérum dans la cavité, très précise pour les polypes et les fibromes sous-muqueux.
  • Hystéroscopie : vision directe de la cavité, avec possibilité de traiter dans le même temps.
  • IRM : pour cartographier des fibromes multiples avant une chirurgie.

Combien de temps attendre après une chirurgie ?

  • Après ablation hystéroscopique d'un polype : souvent un seul cycle, parfois même le cycle suivant.
  • Après résection hystéroscopique d'un fibrome sous-muqueux : en général un à trois mois, avec parfois une hystéroscopie de contrôle pour vérifier l'absence d'adhérences.
  • Après myomectomie par voie abdominale : souvent trois à six mois, selon la profondeur de la cicatrice.

Une stratégie fréquente pour les patientes qui voyagent : faire la ponction et congeler les embryons, puis traiter l'utérus, puis programmer un transfert d'embryon congelé. On ne perd pas de temps sur la qualité ovocytaire.

Et les traitements médicamenteux ?

Certains médicaments réduisent temporairement le volume des fibromes, mais ils bloquent l'ovulation et les fibromes regrossissent à l'arrêt. Ils servent parfois à préparer une chirurgie, rarement à améliorer la fertilité directement. L'embolisation des fibromes est en général déconseillée chez une femme qui souhaite une grossesse.

Ce que je conseille d'envoyer au centre

Le compte rendu d'échographie ou d'IRM avec, pour chaque fibrome, sa taille, sa localisation et sa classification FIGO si elle est indiquée. Avec ces éléments, le médecin peut souvent dire à distance s'il faudra un geste avant le transfert — et donc prévoir la durée et le coût du séjour. Voir endométriose et adénomyose pour les autres causes utérines.

Questions fréquentes

Faut-il opérer un fibrome avant une FIV ?

Oui s'il est sous-muqueux (il déforme la cavité). Non s'il est sous-séreux. Pour les fibromes interstitiels, la décision est individuelle selon la taille et l'effet sur la cavité.

Un polype empêche-t-il la grossesse ?

Les petits polypes ont probablement peu d'effet, mais leur retrait par hystéroscopie est simple et souvent recommandé avant un transfert.

Combien de temps attendre après une hystéroscopie opératoire ?

Souvent un seul cycle après un polype, un à trois mois après la résection d'un fibrome sous-muqueux.

Peut-on faire la ponction avant l'opération ?

Oui : congeler les embryons, traiter l'utérus, puis faire un transfert d'embryon congelé est une stratégie fréquente.

Sources
  1. Pritts EA et al. « Fibroids and infertility: an updated systematic review of the evidence », Fertility and Sterility, 2009.
  2. Munro MG et al. « FIGO classification system (PALM-COEIN) for causes of abnormal uterine bleeding », International Journal of Gynecology & Obstetrics, 2011 (révisé 2018).
  3. Pérez-Medina T et al. « Endometrial polyps and their implication in the pregnancy rates of patients undergoing intrauterine insemination », Human Reproduction, 2005.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

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