Parler du don à son enfant : pourquoi, quand, et avec quels mots
Faut-il parler du don d'ovocytes ou de sperme à son enfant ? Ce que montre la recherche, à quel âge, avec quels mots, et l'anonymat face aux tests ADN.
Lire l'articleLes gènes de l'enfant viendront de la donneuse et de l'homme qui fournit le sperme ; la grossesse influence sa croissance. Une « ressemblance épigénétique » n'est pas démontrée, et dans une étude britannique, la plupart des mères se sentaient sûres d'elles dans leur rôle au bout d'un an.
« Est-ce qu'il me ressemblera ? » C'est une question que l'on me pose souvent, parfois à voix basse, à la fin d'un premier échange. Elle mérite une réponse honnête, sans fausse promesse ni dramatisation. Avec un don d'ovocytes, la ressemblance qui passe par les gènes viendra de la donneuse et du père, ou du donneur de sperme. La femme qui porte la grossesse apporte autre chose, de réel, mais qui n'est pas une part de son patrimoine génétique.
Voici ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas, et comment se fait l'appariement avec la donneuse en Grèce.
Chaque enfant hérite la moitié de ses chromosomes de sa mère génétique et l'autre moitié de son père génétique. Avec un don d'ovocytes, la première moitié vient donc de la donneuse. C'est aussi elle qui transmet l'ADN des mitochondries, de petites structures présentes dans les cellules : comme le rappelle l'institut américain de recherche sur le génome, les enfants héritent leurs mitochondries de leur mère, c'est-à-dire ici de l'ovocyte de la donneuse.
| Ce que reçoit l'enfant | D'où cela vient, avec un don d'ovocytes |
|---|---|
| La moitié de ses chromosomes | de la donneuse, par l'ovocyte |
| L'autre moitié | du père, ou du donneur de sperme en cas de double don |
| L'ADN des mitochondries | de la donneuse |
| L'environnement de la grossesse | de vous, qui le portez : il compte pour sa croissance et sa santé |
| La langue, les habitudes, l'histoire familiale | de la famille qui l'élève |
Les traits physiques qui dépendent des gènes, comme la couleur des yeux ou des cheveux, se transmettront donc à partir de la donneuse et du père. Si vous utilisez aussi un don de sperme, la situation est décrite dans l'article sur le double don.
La grossesse n'est pas un simple hébergement : l'environnement de l'utérus influence la croissance de l'enfant. Une étude publiée en 2009 l'a montré avec un dispositif rare, des enfants conçus par FIV et portés par une femme qui était ou non leur mère génétique. Le tabac pendant la grossesse diminuait le poids de naissance dans les deux cas, ce qui montre un effet de la grossesse elle-même, indépendant des gènes. À l'inverse, le lien entre ce tabagisme et un comportement antisocial de l'enfant n'apparaissait que lorsque la mère était aussi la mère génétique : il passait donc par l'hérédité.
Concrètement, ce que vous faites pendant la grossesse compte pour sa santé : ne pas fumer, faire suivre votre tension et votre glycémie, prendre les traitements prescrits. Les risques propres à une grossesse après don d'ovocytes sont détaillés dans l'article sur les risques d'une grossesse après FIV.
L'épigénétique étudie des modifications chimiques qui règlent l'activité des gènes, en les « allumant » ou en les « éteignant », sans changer la séquence de l'ADN. On lit parfois qu'une receveuse transmettrait ainsi une part d'elle-même à l'enfant. L'argument repose surtout sur une étude publiée en 2015 dans la revue Development. Elle a montré que l'endomètre humain sécrète, au moment de l'implantation, une petite molécule appelée microARN miR-30d, et qu'en laboratoire des embryons de souris l'absorbaient, ce qui augmentait leur capacité à adhérer et modifiait l'activité de quelques gènes liés à cette adhésion.
C'est un résultat intéressant sur le dialogue entre la mère et l'embryon au moment de l'implantation. Mais les auteurs parlent eux-mêmes d'un modèle proposé : l'absorption a été observée sur des embryons de souris, et l'étude ne porte pas sur les traits physiques d'un enfant. Aucune des études que j'ai pu lire ne montre qu'une receveuse transmet ses traits physiques par cette voie. Méfiez-vous des discours qui présentent cette idée comme une certitude.
En Grèce, pour un don anonyme, c'est le centre qui choisit la donneuse, pas vous. La loi lui demande de tenir compte en particulier du groupe sanguin, dans les systèmes ABO et rhésus, et des caractéristiques physiques des futurs parents. Les centres et les banques de cryoconservation tiennent un registre où figurent notamment la taille, la couleur de la peau et des yeux, le niveau d'études, les antécédents médicaux, l'origine, la situation familiale et la profession des donneurs. Vous recevez en général quelques caractéristiques non identifiantes, sans photo ni nom ; le détail est dans l'article sur la loi grecque du don.
L'appariement vise une ressemblance plausible, pas une copie : il rend une ressemblance possible, il ne la promet pas. En Grèce, le don est anonyme par défaut ; depuis 2022, la loi prévoit aussi des formes de don non anonyme, mais elles restent rares en pratique. Depuis la même réforme, le Code civil permet aussi le don entre proches, mais seulement entre parents en ligne collatérale, par exemple une sœur ou une cousine. Une instruction de l'Autorité nationale du 28 mai 2026 précise qu'une donneuse non anonyme peut donner à des personnes qu'elle connaît déjà, si elle remplit toutes les conditions légales des donneuses : inscription au registre, âge, examens cliniques et biologiques. Demandez au centre, par écrit, s'il l'accepte et comment. L'enfant partagerait alors une partie de vos gènes. Dans ce cas, je conseille un accompagnement psychologique, pour la donneuse comme pour vous.
Les chercheurs du centre de recherche sur la famille de l'université de Cambridge suivent depuis des années des familles nées d'un don. Dans une étude publiée en 2019, comparant 85 familles issues d'un don d'ovocytes à 65 familles issues d'une FIV, les parents décrivaient leur relation avec leur bébé de façon très proche ; l'observation des interactions montrait de petites différences, moins favorables, entre les mères et leur bébé dans les familles issues d'un don. Dans une autre étude fondée sur des entretiens avec 85 mères, l'importance donnée au lien génétique variait beaucoup ; la plupart s'étaient bien adaptées et, à la fin de la première année, se sentaient sûres d'elles dans leur rôle de mère.
À 14 ans, dans une petite cohorte, les adolescents nés d'un don d'ovocytes allaient aussi bien que les autres, mais la relation mère-adolescent était décrite comme moins positive que dans les familles nées d'un don de sperme, par les mères comme par les adolescents. Les effectifs sont réduits, 27 familles issues d'un don d'ovocytes, et ces résultats demandent à être confirmés. Ils disent surtout que le sujet mérite d'être parlé, pas évité.
« Il a vos yeux » : la phrase viendra, à la maternité ou au repas de famille. Préparez votre réponse à l'avance, à deux si vous êtes en couple, et décidez ce que vous direz à l'enfant lui-même. Les recommandations de l'ESHRE de 2022 demandent que les futurs parents puissent parler avec un conseiller de ce que signifie avoir un enfant sans lien génétique, et qu'ils soient aidés pour en parler à leur enfant avec des mots adaptés à son âge. Le comment et le quand sont dans parler du don à son enfant, et l'aide disponible dans l'article sur l'accompagnement psychologique.
Si vous voulez que nous parlions de ces questions avant de choisir un centre, écrivez-moi.
Pas par les gènes : ils viennent de la donneuse et du père. La grossesse influence la croissance et la santé de l'enfant, et en don anonyme, le centre choisit la donneuse en tenant compte de vos caractéristiques physiques et de votre groupe sanguin.
Ce n'est pas démontré. L'étude la plus citée montre qu'une molécule sécrétée par l'endomètre est absorbée par des embryons de souris en laboratoire ; elle ne dit rien des traits physiques d'un enfant.
En don anonyme, non : le centre choisit la donneuse en tenant compte du groupe sanguin et des caractéristiques physiques des futurs parents, et vous recevez quelques informations non identifiantes, sans photo ni nom. Le don par une donneuse connue, non anonyme, est possible mais rare.
Depuis 2022, le Code civil grec permet le don entre parents en ligne collatérale, comme une sœur ou une cousine. Elle doit remplir les conditions de toute donneuse, dont l'âge : moins de 35 ans, sauf exception décidée par l'Autorité. C'est rare en pratique, et je conseille un accompagnement psychologique.
Source : https://fertilitegrece.com/fr/blog/don-ovocytes-ressemblance-enfant/ — Triada Baloukoudis, coordination de parcours FIV en Grèce. Information générale, sans valeur de conseil médical ou juridique. Imprimé le
Le premier échange est gratuit et sans engagement.
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