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Parler du don à son enfant : pourquoi, quand, et avec quels mots

C'est une question qui se pose souvent avant même la grossesse. La recherche des vingt dernières années donne des repères assez clairs.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Beaucoup de patientes qui choisissent un don d'ovocytes ou un don de sperme me posent, un jour ou l'autre, la même question à voix basse : « Et plus tard, est-ce que je devrai le lui dire ? ». Il n'y a pas d'obligation légale, et la décision appartient aux parents. Mais il est utile de savoir ce qu'on sait.

Ce que montre la recherche

Les équipes qui suivent des familles issues de dons depuis la naissance des enfants, notamment le centre de recherche sur la famille de l'université de Cambridge, observent de façon constante :

  • Les enfants informés tôt, avant l'âge scolaire, intègrent l'information sans difficulté particulière ; beaucoup s'en souviennent comme d'une chose qu'ils ont « toujours sue ».
  • Une révélation tardive, à l'adolescence ou à l'âge adulte, est plus souvent vécue difficilement, non à cause du don lui-même, mais du sentiment d'un secret gardé.
  • La qualité de la relation parent-enfant dans les familles issues d'un don est comparable, voire meilleure, à celle des autres familles.

Les sociétés savantes, dont l'ESHRE et l'ASRM, encouragent aujourd'hui l'information de l'enfant, tout en respectant le choix des parents.

Le secret est devenu fragile

En Grèce, comme en Espagne, le don est anonyme : l'enfant ne pourra pas obtenir l'identité du donneur ou de la donneuse par la voie légale. Mais l'anonymat juridique n'est plus un anonymat de fait. Les tests ADN grand public, vendus par millions, permettent de retrouver des apparentés génétiques. Un enfant ou un adulte qui fait un tel test par curiosité peut découvrir, sans y être préparé, qu'il n'a pas de lien génétique avec l'un de ses parents.

C'est aujourd'hui l'un des arguments les plus concrets en faveur de l'information : mieux vaut que l'enfant l'apprenne de vous, avec vos mots, que par une application.

À noter : certains pays ont levé l'anonymat pour les dons réalisés chez eux (Royaume-Uni, Suède, Pays-Bas, et la France depuis la loi de bioéthique de 2021 pour les enfants nés de dons faits en France). Cela ne s'applique pas aux dons réalisés en Grèce.

À quel âge ?

Le plus tôt possible, sous une forme adaptée. Beaucoup de parents commencent dès les premières années, avec une histoire simple, avant même que l'enfant ne comprenne tout. L'idée est que l'information fasse partie de son histoire depuis toujours, et qu'elle s'enrichisse avec l'âge.

Avec quels mots ?

  • Petite enfance : « Papa et maman (ou maman) voulaient très fort un bébé. Il manquait une petite graine. Une dame (ou un monsieur) très gentille nous a aidés en donnant une graine. Et c'est comme ça que tu es arrivé. »
  • Âge scolaire : on peut expliquer les ovocytes et les spermatozoïdes, le rôle du don, le voyage en Grèce, et dire clairement que le donneur n'est pas un parent.
  • Adolescence : parler de l'anonymat, de la génétique, des tests ADN, et laisser la place aux questions — y compris aux émotions ambivalentes.

Des livres pour enfants existent en plusieurs langues sur le sujet ; ils aident beaucoup les parents à trouver le ton. Des associations de familles issues de dons proposent aussi des groupes de parole.

Ce qui aide

  • Être d'accord à deux, si vous êtes en couple, avant la naissance si possible.
  • Garder les informations que le centre vous transmet (caractéristiques non identifiantes de la donneuse ou du donneur, groupe sanguin) : elles peuvent être utiles plus tard, y compris médicalement.
  • Être cohérent avec l'entourage : si la famille est au courant, l'enfant ne doit pas être le dernier à le savoir.
  • Ne pas attendre le moment parfait : il n'existe pas.

Et si vous choisissez de ne pas le dire ?

C'est votre droit, et je ne juge aucune famille. Je vous invite simplement à y réfléchir en tenant compte des tests ADN, et à en parler avec un professionnel si le sujet vous pèse. Un accompagnement psychologique avant ou après le don aide souvent à trouver sa propre position.

Questions fréquentes

Faut-il dire à son enfant qu'il est né d'un don ?

Il n'y a pas d'obligation légale, mais la recherche montre que les enfants informés tôt le vivent bien, alors qu'une révélation tardive est plus souvent difficile. Les sociétés savantes encouragent l'information.

À quel âge en parler ?

Le plus tôt possible, dès les premières années, avec une histoire simple qui s'enrichira avec l'âge.

L'enfant pourra-t-il retrouver le donneur ?

Pas par la voie légale : le don est anonyme en Grèce. Mais les tests ADN grand public permettent parfois de retrouver des apparentés génétiques.

Que garder comme informations sur le donneur ?

Les caractéristiques non identifiantes et le groupe sanguin transmis par le centre : ils peuvent être utiles plus tard, y compris sur le plan médical.

Sources
  1. Golombok S. « We Are Family: The Modern Transformation of Parents and Children », 2020, et études longitudinales du Centre for Family Research, Université de Cambridge.
  2. ASRM Ethics Committee — « Informing offspring of their conception by gamete or embryo donation: an Ethics Committee opinion », Fertility and Sterility, 2018.
  3. Loi grecque 3305/2005 — anonymat du don de gamètes.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

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