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Médical

Préserver sa fertilité avant un traitement contre le cancer

Quand un diagnostic tombe, la fertilité passe au second plan — et c'est normal. Il faut pourtant en parler vite, parce que les options se referment avec le début du traitement.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Ce sujet n'est pas le cœur de mon activité, et dans la plupart des cas la préservation de la fertilité se fait dans le pays où la patiente est soignée, en coordination directe avec l'équipe d'oncologie. Je l'aborde parce qu'on me pose la question, et parce que l'information arrive souvent trop tard. Si vous lisez ceci juste après un diagnostic, la seule chose à retenir est : demandez maintenant une consultation d'oncofertilité.

Pourquoi les traitements affectent la fertilité

Certaines chimiothérapies, en particulier les agents alkylants (comme le cyclophosphamide), détruisent une partie des follicules ovariens ou altèrent la production de spermatozoïdes. La radiothérapie du bassin ou de l'abdomen peut léser les ovaires et l'utérus. L'effet dépend du médicament, de la dose et de l'âge : plus la réserve ovarienne est élevée au départ, plus elle résiste.

Le risque est présenté par l'équipe d'oncologie ; il va de faible à très élevé. Même un risque « intermédiaire » justifie d'en parler.

Les options pour les femmes

  • Congélation d'ovocytes : stimulation ovarienne puis ponction, comme pour une FIV. Grâce aux protocoles démarrés à n'importe quel moment du cycle (« random start »), elle prend environ deux semaines. C'est l'option la plus établie. Voir la congélation d'ovocytes.
  • Congélation d'embryons : si la patiente a un partenaire. Même délai, mais les embryons appartiennent au couple, ce qui peut poser question en cas de séparation.
  • Congélation de tissu ovarien : prélèvement d'un fragment d'ovaire par cœlioscopie, sans stimulation, possible en quelques jours. Seule option avant la puberté ou quand le traitement ne peut pas attendre. Le tissu est greffé plus tard ; plusieurs centaines de naissances ont été rapportées dans le monde.
  • Agonistes de la GnRH pendant la chimiothérapie : ils semblent réduire le risque d'insuffisance ovarienne, notamment dans le cancer du sein, mais ne remplacent pas la congélation.

Et les cancers hormonodépendants ?

Pour le cancer du sein, on ajoute souvent du létrozole à la stimulation, ce qui limite la hausse des œstrogènes. Les études de suivi n'ont pas montré de hausse des récidives liée à une stimulation pour préservation. La décision se prend toujours avec l'oncologue.

Les options pour les hommes

La congélation de sperme est simple et rapide : un ou plusieurs recueils, idéalement avant toute chimiothérapie. En cas d'absence de spermatozoïdes dans l'éjaculat, un prélèvement testiculaire est possible (voir azoospermie et TESE). Chez le garçon prépubère, la congélation de tissu testiculaire reste expérimentale.

Le cadre en Grèce

La loi grecque 3305/2005 autorise la cryoconservation de gamètes et de tissu gonadique pour raison médicale, y compris en prévision d'un traitement qui menace la fertilité. Une patiente qui vit en Grèce ou qui y est soignée peut donc être prise en charge rapidement dans un centre agréé. Pour les patientes soignées dans un autre pays, il est presque toujours préférable de faire la préservation sur place : il n'est pas raisonnable de retarder un traitement oncologique pour voyager.

En revanche, la Grèce peut intervenir plus tard : pour utiliser des ovocytes ou des embryons conservés (transfert possible entre centres, sous conditions), ou pour un don d'ovocytes si la préservation n'a pas été possible. La durée de conservation et le transport des gamètes suivent des règles précises.

Après le traitement

Les oncologues recommandent souvent d'attendre un certain délai — variable selon le cancer, souvent deux ans pour le sein — avant une grossesse. Un bilan de réserve ovarienne après traitement permet de savoir si une grossesse spontanée reste possible. Beaucoup de femmes conservent une fertilité ; certaines ont une insuffisance ovarienne et utiliseront leurs ovocytes congelés ou un don.

Ce que je retiens de mon expérience

Les patientes qui ont préservé leur fertilité avant un traitement ne l'ont pas toujours utilisée. Mais aucune ne m'a dit regretter de l'avoir fait. Celles qui n'en ont pas eu l'occasion, en revanche, m'en parlent souvent. Si vous êtes proche d'une personne qui vient de recevoir un diagnostic, c'est une question que vous pouvez poser pour elle.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour congeler ses ovocytes avant une chimiothérapie ?

Environ deux semaines, grâce aux protocoles qui peuvent démarrer à n'importe quel moment du cycle. La congélation de tissu ovarien est possible en quelques jours.

La stimulation est-elle possible en cas de cancer du sein ?

Oui, souvent avec du létrozole pour limiter la hausse des œstrogènes. Les études de suivi n'ont pas montré de hausse des récidives. La décision se prend avec l'oncologue.

Faut-il venir en Grèce pour préserver sa fertilité ?

Généralement non : il vaut mieux la faire là où l'on est soigné, pour ne pas retarder le traitement. La Grèce peut intervenir plus tard, pour utiliser les gamètes ou pour un don.

Les hommes doivent-ils aussi préserver leur fertilité ?

Oui, la congélation de sperme avant la chimiothérapie est simple, rapide et recommandée chaque fois que le traitement peut affecter la fertilité.

Sources
  1. ESHRE — Guideline on female fertility preservation, 2020.
  2. ASCO — « Fertility preservation in people with cancer: guideline update », Journal of Clinical Oncology, 2025.
  3. Loi grecque 3305/2005 — cryoconservation de gamètes et de tissus pour raison médicale.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

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