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Belgique ou Grèce pour une PMA : ce qui change selon votre âge, votre situation et le don

La Belgique est proche, reconnaît les couples de femmes et prépare la fin du don anonyme ; la Grèce traite jusqu'à 54 ans et garde un don anonyme par défaut. Votre âge et votre situation familiale décident presque toujours.

Publié le · 9 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Belgique ou Grèce pour une PMA ? Les deux pays sont ouverts, encadrés par la loi et habitués aux patientes venues de l'étranger. Ils ne répondent pourtant pas aux mêmes situations. La Belgique est proche pour beaucoup de patientes européennes, reconnaît les couples de femmes comme couple et prépare la fin du don anonyme. La Grèce traite jusqu'à 54 ans et garde un don anonyme par défaut.

Je travaille en Grèce, je ne prétends donc pas être neutre. Mais pour certaines situations, la Belgique est clairement le meilleur choix, et je le dis. Voici les critères dans l'ordre où je les regarde : l'âge, la situation familiale, l'anonymat du don, puis le coût et le trajet.

Belgique ou Grèce pour une PMA : le tableau comparatif

Ce tableau résume la loi de chaque pays en octobre 2026 ; les changements en cours sont expliqués plus bas.

CritèreBelgiqueGrèce
Âge limite de la femmeponction et demande jusqu'à 45 ans ; transfert ou insémination jusqu'à 47 ans54 ans, avec une autorisation de l'Autorité nationale à partir de 50 ans
Femme seuleouioui, avec un consentement par acte notarié
Couple de femmesoui, en tant que couplenon en tant que couple : l'une des deux suit le parcours comme femme seule
Don par une personne connueautorisé, par accord entre donneur et receveurspossible depuis 2022, encore rare en pratique
Don anonymeencore possible ; la Cour constitutionnelle a maintenu la règle actuelle au plus tard jusqu'au 30 juin 2027règle par défaut
Paiement du donneurinterdit ; une indemnité peut couvrir les fraisinterdit ; frais et indemnisation fixés par l'Autorité nationale

L'âge : 47 ans en Belgique, 54 ans en Grèce

La loi belge du 6 juillet 2007 fixe deux seuils. Le prélèvement d'ovocytes, comme la demande d'implantation d'embryons ou d'insémination, est ouvert aux femmes de 45 ans au plus. Le transfert d'embryon ou l'insémination ne peut plus être réalisé après 47 ans. Entre 45 et 47 ans, on peut donc terminer en Belgique un projet commencé à temps, mais pas en commencer un nouveau. L'insémination avec donneur est comparée pays par pays dans l'article sur l'insémination à l'étranger.

En Grèce, la loi 4958/2022 a porté la limite à 54 ans, précisément « 54 ans et 0 jour ». À partir de 50 ans et un jour, le centre doit obtenir une autorisation de l'Autorité nationale de la procréation médicalement assistée. Après 47 ans, la Belgique n'est donc plus possible, alors que la Grèce l'est encore pendant plusieurs années. La procédure est détaillée dans l'article sur l'âge limite en Grèce.

Femme seule ou couple de femmes

La loi belge ne s'adresse pas à un type de famille : elle parle de « l'auteur du projet parental », c'est-à-dire de toute personne qui a décidé de devenir parent par une procréation médicalement assistée. Une femme seule y a accès, et un couple de femmes y est traité comme un couple. Comme la loi autorise aussi le don non anonyme convenu entre donneuse et receveuse, un couple de femmes peut y envisager la méthode ROPA, où l'une porte l'embryon issu des ovocytes de l'autre.

En Grèce, une femme seule est acceptée sans condition de situation familiale ; le Code civil demande seulement que son consentement soit donné par acte notarié. Un couple de femmes, en revanche, n'est pas reconnu comme couple pour la PMA : l'une des deux suit le parcours comme femme seule, et la méthode ROPA n'est pas prévue. Si vous êtes en couple avec une femme et que la reconnaissance du couple compte dès le départ, la Belgique répond mieux. Les deux situations sont détaillées dans la PMA en tant que femme seule en Grèce et couple de femmes et PMA en Grèce.

L'anonymat du don : la Belgique change de règle

Aujourd'hui, en Belgique, le centre doit rendre inaccessible toute donnée qui permettrait d'identifier un donneur anonyme ; le don non anonyme, convenu entre le donneur et les receveurs, est déjà autorisé. Le 26 septembre 2024, la Cour constitutionnelle a jugé contraire à la Constitution le fait d'empêcher de manière absolue l'enfant d'obtenir la moindre information sur le donneur. Elle a maintenu la règle actuelle jusqu'à l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi, et au plus tard jusqu'au 30 juin 2027.

Le gouvernement fédéral a approuvé en seconde lecture, le 20 juin 2026, un avant-projet de loi qui supprime le don anonyme pour les dons futurs et crée un registre central des données des donneurs. Le texte a été transmis pour avis au Conseil d'État. Au moment où j'écris, en octobre 2026, il n'a pas encore été voté par le Parlement : ses modalités, comme l'âge auquel l'enfant pourra demander l'identité du donneur, peuvent encore changer.

En Grèce, le don est anonyme par défaut ; depuis 2022, la loi prévoit aussi des formes de don non anonyme, mais elles restent rares en pratique. Le Code civil prévoit que l'identité du donneur peut rester anonyme, être connue, ou être communiquée à l'enfant après sa majorité. C'est un choix à faire avant le traitement, en pensant à ce que votre enfant pourra savoir un jour.

Le don d'ovocytes : disponibilité et délais

Je n'ai pas trouvé de chiffre officiel récent sur les délais du don d'ovocytes en Belgique. La loi y prévoit un don gratuit, avec au plus une indemnité pour les frais, comme les déplacements ou la perte de salaire, et le don par une personne que vous connaissez reste possible. Demandez au centre, par écrit, le délai réel avant un transfert avec une donneuse anonyme, et ce que la nouvelle loi changera pour vous.

En Grèce, l'Autorité nationale a recensé en 2025 près de 2 500 femmes de nationalité étrangère qui ont reçu des ovocytes de donneuse, dont plus de 2 000 avec un don réalisé en Grèce. Entre le premier contact et le transfert, comptez en général deux à quatre mois, surtout pour préparer le dossier. Le séjour lui-même dure deux à quatre jours pour un transfert avec don d'ovocytes, en un seul voyage.

Remboursement, coût et trajet

En Belgique, l'assurance maladie obligatoire (INAMI) prend en charge une partie des frais de FIV pour les personnes assurées en Belgique, sous forme de forfaits, tant que la femme n'a pas 43 ans et pour six forfaits au plus. Une patiente assurée dans un autre pays n'en bénéficie pas. Si vous êtes assurée en France, la règle est la même pour la Belgique et pour la Grèce : une prise en charge partielle suppose une autorisation préalable du Centre national des soins à l'étranger, matérialisée par le formulaire S2. La démarche est expliquée dans l'article sur le formulaire S2.

En Grèce, d'après les grilles tarifaires publiées en 2026 par des centres agréés, un cycle avec don d'ovocytes coûte en général entre 5 000 et 8 000 euros, et une FIV avec vos propres ovocytes entre 3 000 et 5 000 euros, hors médicaments et voyage. Je n'ai pas de source officielle comparable pour les tarifs belges : comparez des devis écrits, ligne par ligne.

Le trajet compte aussi. Si vous vivez en Belgique, dans le nord de la France ou aux Pays-Bas, la Belgique permet plusieurs allers-retours sans avion. La Grèce demande un vol, mais une grande partie du suivi se fait chez vous, avec des échographies transmises au centre.

Mon avis : quel pays pour quelle situation

  • La Belgique si vous avez moins de 45 ans, si vous êtes en couple avec une femme et voulez être reconnues ensemble, si vous souhaitez un donneur que vous connaissez, ou si vous êtes assurée en Belgique.
  • La Grèce si vous avez plus de 45 ans et commencez un nouveau projet, si vous avez plus de 47 ans, ou si vous préférez que le don reste anonyme.

Les autres pays sont comparés dans quel pays choisir pour une FIV à l'étranger, et les lois côte à côte dans le tableau des lois européennes. Si vous voulez que nous regardions ensemble votre situation, écrivez-moi.

Questions fréquentes

Jusqu'à quel âge peut-on faire une PMA en Belgique ?

La loi belge ouvre le prélèvement d'ovocytes et la demande de PMA jusqu'à 45 ans ; le transfert d'embryon ou l'insémination ne peut plus être fait après 47 ans. En Grèce, la limite est de 54 ans, avec une autorisation de l'Autorité nationale à partir de 50 ans.

Le don de gamètes est-il encore anonyme en Belgique ?

Oui pour l'instant, sauf don non anonyme convenu entre donneur et receveurs. La Cour constitutionnelle a jugé l'anonymat absolu contraire à la Constitution, avec une limite fixée au 30 juin 2027 ; le projet de loi qui supprime le don anonyme n'était pas encore voté en octobre 2026.

Une femme seule ou un couple de femmes peut-il faire une PMA en Belgique ou en Grèce ?

Une femme seule, oui dans les deux pays ; en Grèce, son consentement est donné par acte notarié. Un couple de femmes est reconnu comme couple en Belgique, pas en Grèce, où l'une des deux suit le parcours en tant que femme seule.

Une patiente qui vit en France est-elle remboursée en Belgique ?

Pas par l'assurance maladie belge, réservée aux assurés en Belgique. Comme pour la Grèce, une prise en charge partielle par l'Assurance maladie française demande une autorisation préalable du Centre national des soins à l'étranger, avec le formulaire S2.

Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
Triada Baloukoudis

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact · Facebook

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