Taille du texte
Juridique

Venir du Royaume-Uni pour une FIV en Grèce : donneur, filiation, NHS et voyage

Rien n'empêche une patiente britannique de faire une FIV ou un don d'ovocytes en Grèce. Mais plusieurs règles britanniques vous suivent : l'identité du donneur, la filiation si vous n'êtes pas mariés, le financement par le NHS et le retour éventuel des embryons.

Publié le · 8 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Une FIV en Grèce depuis le Royaume-Uni se prépare avec deux droits en tête : le droit grec pour le traitement, le droit britannique pour tout ce qui se passe après votre retour. L'autorité britannique de la fertilité, la HFEA, le dit elle-même : elle n'a aucun pouvoir sur les centres étrangers et ne peut pas traiter une plainte sur un traitement reçu hors du Royaume-Uni. En Grèce, c'est l'Autorité nationale de la procréation médicalement assistée qui agrée et contrôle les centres.

Voici les points qui changent concrètement quelque chose pour vous, dans l'ordre où je les vérifie.

Ce que la HFEA recommande de vérifier

Sur sa page consacrée aux traitements à l'étranger, la HFEA insiste sur trois points :

  • le transfert d'un seul embryon est la bonne pratique pour la plupart des femmes, et tous les pays ne suivent pas cette approche ;
  • au Royaume-Uni, une personne conçue grâce à un don peut obtenir des informations non identifiantes sur le donneur à 16 ans, et son identité à 18 ans ;
  • un même donneur britannique ne peut aider que dix familles au maximum ; à l'étranger, cette limite peut ne pas exister, et votre enfant peut alors avoir des liens génétiques avec beaucoup plus de familles.

Donneur identifiable au Royaume-Uni, anonyme par défaut en Grèce

Au Royaume-Uni, l'identité du donneur peut être communiquée pour tous les dons dont les informations ont été fournies à partir du 1er avril 2005. En Grèce, le don est anonyme par défaut ; depuis 2022, la loi prévoit aussi des formes de don non anonyme, mais elles restent rares en pratique. La loi grecque prévoit trois options : un don anonyme, un don par une personne identifiée, ou un don dont l'identité sera communiquée à l'enfant devenu majeur, s'il la demande.

Le nombre de familles est l'autre différence. La loi grecque limite à douze le nombre d'enfants issus d'un même donneur lorsque les receveurs résident en Grèce ; depuis 2024, cette limite ne s'applique pas aux receveurs qui résident à l'étranger. Demandez donc au centre quelle limite il applique lui-même. Ces deux points ne se règlent pas après coup : lisez le cadre grec du don d'ovocytes et comment parler du don à son enfant avant de choisir.

Qui sera le parent légal au Royaume-Uni ?

La loi britannique de 2008 sur la fertilité et l'embryologie répond selon votre situation. Le lieu du traitement ne compte que dans un cas :

Votre situationAprès un traitement en Grèce
La femme qui accoucheElle est la mère légale, même avec l'ovocyte d'une donneuse, où qu'ait eu lieu le traitement.
Couple marié ou partenaires civilsLe conjoint ou la conjointe est parent légal, où qu'ait eu lieu le traitement, sauf s'il est établi qu'il n'y a pas consenti.
Couple non mariéLes consentements britanniques à la parentalité ne valent que pour un traitement dans un centre agréé au Royaume-Uni : un partenaire sans lien génétique avec l'enfant n'est pas automatiquement parent.

La HFEA conseille de demander un avis juridique quand on est soignée à l'étranger. Pour un couple non marié qui utilise un don de sperme, c'est indispensable, et c'est à faire avant le traitement.

Le NHS financera-t-il le traitement ?

En Angleterre, le financement de la FIV par le service public de santé (NHS) dépend des autorités sanitaires locales, les integrated care boards (ICB). Dans sa recommandation révisée en mars 2026, le NICE, l'institut qui publie les recommandations nationales, conseille de proposer trois cycles complets avant 40 ans, puis d'envisager jusqu'à trois cycles de plus, et un cycle à 40 ou 41 ans pour une femme qui n'a jamais fait de FIV. Selon les données du ministère de la Santé (septembre 2025), seules trois ICB finançaient pourtant trois cycles, et la plupart un seul. La plupart exigent aussi un indice de masse corporelle (IMC) entre 19 et 30 pour la femme, deux partenaires non-fumeurs et deux ans de rapports sans grossesse.

Ce financement concerne les centres britanniques. Pour un traitement dans l'Union européenne, il existe une procédure, le formulaire S2, mais elle ne couvre que les soins du secteur public du pays d'accueil, aux conditions de ses résidents. Elle suppose que le NHS vous offrirait ce traitement sans pouvoir le faire dans un délai médicalement acceptable, et la demande doit être acceptée avant le traitement. Pour une FIV dans un centre privé grec, elle ne s'applique pas. Enfin, la carte GHIC ne couvre pas un déplacement pour des soins programmés : voir l'assurance voyage pendant une FIV.

Embryons, ovocytes, sperme : l'aller et le retour

Des gamètes ou des embryons conservés au Royaume-Uni peuvent être envoyés vers un centre étranger agréé, avec les consentements écrits nécessaires et une durée de conservation restante d'au moins six mois. C'est la solution, par exemple, quand le sperme du conjoint est déjà congelé dans un centre britannique.

Le retour est plus délicat. Pour importer des embryons sans autorisation particulière, la HFEA exige notamment que les personnes qui ont fourni les gamètes soient identifiables et que leur indemnisation respecte les règles britanniques. Des embryons conçus avec un don anonyme ne remplissent en principe pas ces conditions : seul un centre britannique peut alors demander une autorisation spéciale à la HFEA, qui décide. Les durées de conservation diffèrent aussi : jusqu'à 55 ans au Royaume-Uni, avec un renouvellement du consentement tous les dix ans ; en Grèce, cinq ans pour les embryons, prolongeables par périodes de cinq ans sur demande écrite. Voir le transport d'embryons entre pays.

Le voyage : 90 jours, passeport, EES et ETIAS

Les citoyens britanniques entrent en Grèce sans visa, pour 90 jours au maximum sur toute période de 180 jours, en comptant tous les pays de l'espace Schengen. Le gouvernement britannique rappelle deux règles de passeport : il doit avoir été délivré moins de dix ans avant votre arrivée, et rester valide au moins trois mois après la date prévue de sortie de l'espace Schengen.

Le système européen d'entrée et de sortie (EES) fonctionne pleinement depuis le 10 avril 2026 : il enregistre en principe vos empreintes digitales et une photo du visage. Pour la Grèce, le gouvernement britannique indique toutefois que les autorités grecques ont fait savoir qu'elles ne relèveraient pas ces données pour les voyageurs britanniques ; suivez les consignes données sur place. L'autorisation de voyage ETIAS, qui coûtera 20 euros, n'est pas encore en service : en octobre 2026, les demandes ne sont pas ouvertes. Le détail est dans l'article sur le visa, l'EES et l'ETIAS, et le transport des traitements dans les médicaments de FIV en Grèce.

FIV en Grèce depuis le Royaume-Uni : ce que je vérifie avant le départ

Quatre points, dans cet ordre : le type de donneur que vous souhaitez et ce que le centre peut réellement proposer, votre situation de couple au regard de la filiation britannique, ce que vous ferez des embryons restants, et un calendrier de voyage compatible avec la règle des 90 jours. Si vous voulez que nous regardions ensemble votre situation, écrivez-moi.

Questions fréquentes

Peut-on faire une FIV en Grèce quand on vit au Royaume-Uni ?

Oui, aucune règle britannique ne l'interdit. La HFEA n'a toutefois aucun pouvoir sur les centres étrangers : en Grèce, c'est l'Autorité nationale de la procréation médicalement assistée qui agrée et contrôle les centres.

Le NHS rembourse-t-il une FIV en Grèce ?

En pratique, non. Le financement des ICB concerne les centres britanniques, et le formulaire S2 ne couvre que les soins du secteur public du pays d'accueil, avec un accord préalable. La carte GHIC ne couvre pas les soins programmés.

Mon enfant pourra-t-il connaître la donneuse grecque ?

En général, non : en Grèce, le don est anonyme par défaut. Depuis 2022, la loi prévoit aussi des formes de don non anonyme, mais elles restent rares en pratique. Avec un donneur britannique, l'enfant peut connaître son identité à 18 ans.

Mon partenaire sera-t-il parent légal si nous ne sommes pas mariés ?

Pas automatiquement s'il n'a pas de lien génétique avec l'enfant : les consentements britanniques à la parentalité ne valent que pour un traitement dans un centre agréé au Royaume-Uni. Demandez un avis juridique avant le traitement.

Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
Triada Baloukoudis

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact · Facebook

Une question sur votre situation ?

Le premier échange est gratuit et sans engagement.

Sur le même sujet

WhatsApp