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Médical

Hyperstimulation ovarienne : la complication qu'on sait aujourd'hui éviter

C'est la principale complication de la FIV, et la seule qui puisse être grave. Elle est aussi devenue rare, à condition que le protocole soit adapté au bon profil.

Publié le · 4 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Le syndrome d'hyperstimulation ovarienne survient lorsque les ovaires réagissent excessivement à la stimulation : ils grossissent, du liquide passe des vaisseaux vers l'abdomen, et le sang se concentre. Dans sa forme légère, il touche encore une part non négligeable des cycles. Dans sa forme sévère, il est devenu rare — moins de 1 % — grâce aux protocoles modernes.

Qui est à risque

  • Un syndrome des ovaires polykystiques, ou simplement une AMH élevée, au-dessus de 3,5 ng/ml.
  • Un compte de follicules antraux élevé, au-delà de 20 environ.
  • Un âge jeune et un indice de masse corporelle bas.
  • Un antécédent d'hyperstimulation lors d'un cycle précédent.
  • Une réponse forte en cours de cycle : plus de 18 à 20 follicules, œstradiol très élevé.

Si vous vous reconnaissez dans cette liste, dites-le au médecin avant le début du protocole, même si le dossier le mentionne. L'article sur le SOPK détaille ce profil.

Ce qui l'évite

Trois mesures ont transformé la situation :

Le protocole antagoniste, qui permet de remplacer le déclenchement par hCG au dernier moment. Le déclenchement par agoniste de la GnRH à la place de l'hCG : c'est la mesure la plus efficace, elle supprime le facteur qui entretient le syndrome. La congélation de tous les embryons, dite « freeze all », avec transfert lors d'un cycle ultérieur : une grossesse en cours produit de l'hCG et peut déclencher une forme tardive, plus sévère. Congeler l'évite complètement.

À cela s'ajoutent des doses de départ prudentes, un monitorage échographique rapproché, et parfois un traitement par cabergoline. Certains centres proposent encore de renoncer au cycle en cas de réponse extrême, ce qui reste une option légitime.

Reconnaître les signes

Une gêne abdominale et un léger ballonnement dans les jours qui suivent la ponction sont banals. Ce qui ne l'est pas :

  • Une prise de poids rapide, de plus d'un kilo par jour, ou plus de trois kilos au total.
  • Un ventre tendu et douloureux, un tour de taille qui augmente visiblement.
  • Des vomissements persistants, l'impossibilité de boire.
  • Une diminution nette des urines, des urines très foncées.
  • Un essoufflement, une difficulté à respirer allongée.
  • Une douleur ou un gonflement d'un mollet, qui évoque une thrombose.

Ces signes imposent un appel au centre le jour même, et les trois derniers un passage aux urgences sans attendre.

Ce qu'il faut faire en attendant

Boire des boissons riches en électrolytes plutôt que de l'eau seule, environ un à deux litres par jour, se peser chaque matin, noter le volume des urines, rester mobile pour prévenir les thromboses tout en évitant les efforts intenses, et éviter les anti-inflammatoires. Les formes légères se résolvent seules en une à deux semaines si la grossesse n'est pas survenue.

Le point critique quand on se soigne à l'étranger

Vous rentrerez en France dans les jours qui suivent la ponction, or la forme tardive apparaît précisément entre le cinquième et le douzième jour. Trois précautions, que je mets en place systématiquement : partir avec le compte rendu du cycle en français, avec le nombre de follicules ponctionnés et le mode de déclenchement, à présenter aux urgences si besoin ; avoir le numéro direct du centre grec et le mien, joignables ; et savoir dès le départ vers quel service se tourner près de chez vous. Un urgentiste français qui reçoit une patiente ballonnée sans contexte perd un temps précieux ; le même urgentiste avec le compte rendu comprend immédiatement.

Notez enfin qu'avec un cycle de transfert d'embryon congelé ou une réception d'ovocytes de donneuse, vous ne subissez aucune stimulation ovarienne : ce risque ne vous concerne pas du tout.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'hyperstimulation ovarienne ?

Une réaction excessive des ovaires à la stimulation : ils grossissent et du liquide passe vers l'abdomen. La forme sévère touche aujourd'hui moins de 1 % des cycles grâce aux protocoles modernes.

Quels signes doivent alerter après une ponction ?

Une prise de poids de plus d'un kilo par jour, un ventre tendu et douloureux, des vomissements persistants, une diminution des urines, un essoufflement ou une douleur du mollet. Les trois derniers imposent les urgences.

Comment évite-t-on ce syndrome ?

Protocole antagoniste, déclenchement par agoniste de la GnRH plutôt que par hCG, et congélation de tous les embryons avec transfert lors d'un cycle ultérieur. Ces trois mesures réduisent le risque de façon majeure.

Y a-t-il un risque avec un don d'ovocytes ?

Non, pour la receveuse : elle ne reçoit aucune stimulation ovarienne, seulement une préparation de l'endomètre. Le même raisonnement vaut pour un transfert d'embryon congelé.

Sources
  1. ESHRE guideline — Ovarian Stimulation for IVF/ICSI, prévention et prise en charge du SHO.
  2. RCOG Green-top Guideline No. 5 — The Management of Ovarian Hyperstimulation Syndrome.
  3. ASRM Practice Committee — Prevention and treatment of moderate and severe OHSS.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact

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