SOPK : ce que le syndrome change vraiment pour la fertilité
Syndrome des ovaires polykystiques : critères de diagnostic, pourquoi on veut le rebaptiser, impact réel sur la fertilité, inositol, létrozole et particularités de la FIV.
Lire l'articleLe marché des compléments de fertilité prospère sur l'attente. Trois produits ont un intérêt démontré. Les autres sont, au mieux, sans effet.
Quand une patiente m'envoie sa liste de compléments, elle en compte souvent huit ou dix, achetés en ligne, pour cent euros par mois. La plupart n'ont jamais montré d'effet sur une naissance. Voici le tri, en distinguant ce qui est recommandé par les autorités de santé, ce qui est plausible et ce qui ne sert à rien.
L'acide folique, 400 microgrammes par jour, au moins un mois avant la conception et pendant les douze premières semaines. Il réduit le risque d'anomalie de fermeture du tube neural. La dose passe à 5 mg par jour en cas d'antécédent, de diabète, d'obésité ou de certains traitements. Ce n'est pas un complément « fertilité » : c'est une mesure de santé publique, et c'est le seul qui soit non négociable.
La vitamine D, si le dosage montre une carence — ce qui est le cas de la majorité des femmes en France en hiver. La correction d'une carence est justifiée en soi ; le lien avec les taux de grossesse est suggéré mais pas démontré. Faites doser plutôt que supplémenter à l'aveugle.
L'iode, souvent insuffisant, et la ferritine en cas d'anémie ou de règles abondantes.
La coenzyme Q10, 200 à 600 mg par jour, étudiée chez les femmes à réserve diminuée. Quelques essais montrent une amélioration du nombre d'ovocytes recueillis ; les données sur les naissances vivantes sont insuffisantes. Elle est bien tolérée. Si vous choisissez d'en prendre, commencez au moins deux à trois mois avant la ponction, le temps de maturation des follicules.
Le myo-inositol dans le syndrome des ovaires polykystiques : amélioration des paramètres métaboliques et parfois des cycles, données limitées sur les naissances. Voir l'article sur le SOPK.
Les oméga-3 et un régime de type méditerranéen : les études observationnelles montrent une association favorable, sans démonstration causale. Manger ainsi ne présente aucun inconvénient.
Pour l'homme : zinc, sélénium, vitamines C et E, L-carnitine. La revue Cochrane la plus récente conclut à un niveau de preuve faible. Trois mois de sevrage tabagique auront plus d'effet que n'importe quelle gélule. L'article sur le spermogramme détaille ce qui fonctionne.
La DHEA : proposée dans les réserves basses, données contradictoires, effets androgéniques réels — acné, pilosité, voix. Ne la prenez pas sans prescription et sans suivi.
Les mégadoses de vitamines, notamment A : la vitamine A à forte dose est tératogène. Vérifiez la composition de tout complexe multivitaminé « spécial grossesse » acheté hors pharmacie.
Les tisanes et plantes de fertilité — gattilier, maca, actée à grappes : interactions possibles avec les traitements hormonaux, aucune donnée d'efficacité. Signalez toujours au médecin ce que vous prenez, y compris ce qui est « naturel ».
L'arrêt du tabac, pour les deux : il réduit la réserve ovarienne, altère le sperme et diminue les taux de FIV d'environ un tiers. L'alcool, à réduire nettement. Le poids : un IMC très élevé ou très bas diminue les chances et augmente les complications ; une perte de 5 à 10 % chez les femmes en surpoids restaure souvent l'ovulation. Le sommeil et une activité physique modérée, sans excès — le surentraînement perturbe les cycles.
Ce sont des changements moins satisfaisants qu'une commande en ligne, parce qu'ils demandent du temps et qu'ils ne se cochent pas sur une liste. Ce sont aussi les seuls dont l'effet est mesuré.
Beaucoup de femmes prennent ces compléments moins par conviction que pour faire quelque chose dans une période où l'on ne contrôle rien. Je le comprends parfaitement. Mais il faut savoir que rien de ce que vous mangez n'a causé un échec de transfert. Ce raisonnement, retourné contre soi après un résultat négatif, fait beaucoup de dégâts et n'a aucun fondement.
L'acide folique à 400 microgrammes par jour est le seul non négociable. La vitamine D si un dosage montre une carence. Le reste est optionnel et faiblement étayé.
Quelques essais suggèrent une amélioration du nombre d'ovocytes recueillis en cas de réserve diminuée, mais les données sur les naissances vivantes sont insuffisantes. Elle est bien tolérée ; il faut la commencer deux à trois mois avant la ponction.
Oui : la DHEA sans prescription, les mégadoses de vitamine A qui sont tératogènes, et les plantes dites de fertilité qui peuvent interagir avec les traitements hormonaux. Signalez tout au médecin.
L'arrêt du tabac, qui diminue les taux de FIV d'environ un tiers, la réduction de l'alcool et la normalisation du poids. Bien plus que n'importe quel complément.
Source : https://fertilitegrece.com/fr/blog/alimentation-complements-fertilite/ — Triada Baloukoudis, coordination de parcours FIV en Grèce. Information générale, sans valeur de conseil médical ou juridique. Imprimé le
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