Le spermogramme reste le premier examen, et il est mal compris. Un seul résultat anormal ne suffit à rien conclure : la production de spermatozoïdes prend environ trois mois, et une fièvre, un traitement ou une période de stress peuvent dégrader un prélèvement. Un second spermogramme, à trois mois d'intervalle, est la règle avant toute décision.
Lire les valeurs
Les seuils de référence de l'Organisation mondiale de la santé, dans leur sixième édition, décrivent le cinquième percentile d'hommes ayant conçu naturellement en moins d'un an. Ce ne sont pas des seuils de fertilité, mais des repères statistiques :
- Volume : 1,4 ml ou plus.
- Concentration : 16 millions par ml ou plus ; en dessous, on parle d'oligospermie.
- Numération totale : 39 millions ou plus par éjaculat.
- Mobilité progressive : 30 % ou plus ; en dessous, asthénospermie.
- Formes typiques : 4 % ou plus ; en dessous, tératospermie.
- Vitalité : 54 % ou plus.
Être en dessous d'un seuil ne signifie pas stérilité, et être au-dessus ne garantit rien. C'est la combinaison qui compte, et l'ICSI a considérablement déplacé les limites du possible.
La fragmentation de l'ADN spermatique
C'est l'examen le plus souvent manquant dans les dossiers qui arrivent chez moi, en particulier lorsque le spermogramme est normal et que rien n'explique les échecs. Il mesure les cassures de l'ADN dans le noyau du spermatozoïde. Un taux élevé, généralement au-delà de 25 à 30 % selon la technique, est associé à un risque accru de fausse couche et à des échecs d'implantation répétés.
Ce qui l'améliore parfois : arrêter le tabac, traiter une varicocèle symptomatique, corriger une infection, réduire l'exposition à la chaleur, un délai d'abstinence court avant le recueil, et parfois une antioxydothérapie — dont l'efficacité reste débattue. Ce qui la contourne : prélever les spermatozoïdes directement dans le testicule, où la fragmentation est plus faible, ou trier les spermatozoïdes avant l'ICSI.
Les solutions techniques
L'ICSI consiste à injecter un seul spermatozoïde dans chaque ovocyte. Elle est indiquée dès que la concentration, la mobilité ou la morphologie sont franchement altérées, et elle est incluse dans la plupart des forfaits grecs. Les tarifs sont détaillés ici.
Les techniques de sélection : IMSI, qui observe le spermatozoïde à très fort grossissement, ou tri par colonnes microfluidiques. Elles se discutent en cas de fragmentation élevée ou d'échecs répétés, pas en première intention.
Le prélèvement chirurgical : TESA, TESE ou micro-TESE lorsque l'éjaculat ne contient aucun spermatozoïde. En cas d'azoospermie obstructive, le taux de récupération dépasse 90 %. En cas d'azoospermie non obstructive, il se situe autour de 40 à 50 % avec la micro-TESE, ce qui reste une vraie chance.
Le don de sperme, si aucun spermatozoïde n'est récupérable ou si un risque génétique le justifie. Le cadre grec du don de sperme est ici.
Le bilan à compléter
Avant de conclure, un homme avec un spermogramme franchement altéré devrait avoir : un examen clinique par un urologue ou un andrologue, un bilan hormonal (FSH, LH, testostérone), une échographie scrotale à la recherche d'une varicocèle, et, si la concentration est très basse, un caryotype et une recherche de microdélétions du chromosome Y. Ces deux derniers examens changent la conduite à tenir et se font en France, remboursés.
Ce qui se corrige vraiment
Le tabac, l'alcool en excès, le surpoids, la chaleur prolongée et certains médicaments dégradent la spermatogenèse. Trois mois de changement réel peuvent modifier un spermogramme, ce qui n'est presque jamais le cas des paramètres féminins liés à l'âge. C'est la partie du bilan où l'effort a le meilleur rendement, et c'est aussi celle qu'on demande le moins souvent.
Questions fréquentes
Un spermogramme anormal signifie-t-il qu'on ne peut pas avoir d'enfant ?
Non. Les seuils de l'OMS sont des repères statistiques, pas des limites de fertilité. Un second spermogramme à trois mois est nécessaire avant toute conclusion, et l'ICSI permet de féconder avec très peu de spermatozoïdes.
Qu'est-ce que la fragmentation de l'ADN spermatique ?
C'est la mesure des cassures de l'ADN dans le noyau du spermatozoïde. Un taux élevé, au-delà de 25 à 30 % selon la technique, est associé aux fausses couches et aux échecs d'implantation répétés.
Que faire en cas d'azoospermie ?
Un prélèvement chirurgical est possible : plus de 90 % de récupération en cas d'azoospermie obstructive, environ 40 à 50 % avec la micro-TESE en cas d'azoospermie non obstructive.
Peut-on améliorer la qualité du sperme ?
Oui, partiellement. Arrêter le tabac, réduire l'alcool, perdre du poids, éviter la chaleur prolongée et traiter une varicocèle symptomatique peuvent modifier un spermogramme en environ trois mois.
Sources- OMS — WHO laboratory manual for the examination and processing of human semen, 6e édition (2021).
- EAU Guidelines on Sexual and Reproductive Health — infertilité masculine, azoospermie, varicocèle.
- Practice Committee of the ASRM — The clinical utility of sperm DNA integrity testing.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB
Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV à Thessalonique, 24 ans d'expérience auprès de patientes venues de l'étranger. En savoir plus · Contact
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