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Espagne ou Grèce pour un don d'ovocytes : le comparatif sans parti pris

L'Espagne est la destination historique des Françaises. La Grèce rattrape vite. Les deux pays sont sérieux ; ils ne sont pas identiques.

Publié le · 5 min de lecture · par Triada Baloukoudis

Je travaille en Grèce, et j'accompagne des patientes qui viennent en Grèce. Je ne vais donc pas prétendre être neutre. Mais j'ai passé vingt-quatre ans à voir arriver des dossiers de patientes qui avaient d'abord regardé l'Espagne, et je sais exactement ce qui les fait basculer, dans un sens ou dans l'autre. Voici les critères qui comptent, et où chaque pays se situe.

Comparatif Espagne / Grèce pour un don d'ovocytes, situation en 2026.
CritèreEspagneGrèce
Limite d'âge50 ans en pratique, parfois 5254 ans par la loi, autorisation spéciale de 50 à 54
Prix d'un cycle avec don6 500 à 9 500 €5 000 à 8 000 €
Délai avant transfert2 à 4 mois2 à 4 mois
Anonymat de la donneuseGaranti par la loiGaranti par la loi
Méthode ROPAAutoriséeNon prévue par la loi
Publication des résultatsRegistre national (SEF)Pas d'obligation : chiffres à demander au centre
Taux de grossesse par transfert50 à 65 %50 à 65 %
Vol depuis ParisBarcelone, environ 2 hThessalonique, environ 3 h 15
Accompagnement en françaisÉquipes dédiées dans les grands centresPar une coordinatrice indépendante

Le tableau donne la photographie ; les paragraphes qui suivent expliquent ce qui se cache derrière chaque ligne.

Le cadre légal

Les deux pays autorisent le don d'ovocytes anonyme, indemnisé, pour les couples hétérosexuels et les femmes seules. La différence principale tient à l'âge : la loi grecque autorise le traitement jusqu'à 54 ans (avec autorisation spéciale entre 50 et 54), quand les centres espagnols appliquent une limite d'usage à 50 ans, parfois 52 selon les cas. Pour une femme de 48 ans, ce n'est pas un détail.

L'Espagne autorise en revanche la méthode ROPA pour les couples de femmes, que la loi grecque ne prévoit pas. Si vous êtes en couple avec une femme et souhaitez que l'une porte l'embryon de l'autre, l'Espagne est la réponse, pas la Grèce.

L'anonymat

Dans les deux pays, l'anonymat de la donneuse est garanti par la loi : l'enfant ne pourra pas obtenir son identité, contrairement au système français depuis 2022. En Espagne, les débats sur une évolution de la loi reviennent périodiquement ; en Grèce, le cadre est stable depuis 2005. Certaines patientes voient dans l'anonymat un avantage, d'autres un inconvénient : c'est un choix personnel qu'il faut faire avant, pas après.

Les délais

Aucun des deux pays n'a de liste d'attente comparable à celle de la France. En Espagne, les grands centres de Barcelone, Madrid, Valence ou Alicante traitent des milliers de patientes internationales par an et disposent de banques d'ovocytes importantes. En Grèce, le volume est moindre, mais les centres agréés d'Athènes et de Thessalonique programment un transfert avec don en deux à quatre mois. Sur ce critère, égalité.

Le prix

C'est l'écart le plus net. Un cycle avec don d'ovocytes coûte généralement entre 6 500 et 9 500 euros en Espagne, contre 5 000 à 8 000 euros en Grèce, pour des prestations comparables. Sur un parcours qui peut nécessiter deux tentatives, la différence se chiffre en milliers d'euros. L'écart n'est pas spectaculaire sur un seul cycle : ce n'est pas le seul critère sur lequel choisir. L'hébergement et la vie quotidienne sont également moins chers à Thessalonique qu'à Barcelone. Les prix grecs détaillés sont ici.

Les taux de réussite

Les deux pays affichent, pour le don d'ovocytes, des taux de grossesse par transfert compris entre 50 et 65 % dans les meilleurs centres. L'Espagne dispose d'un registre national publié par la Société espagnole de fertilité, ce qui permet une vérification indépendante. En Grèce, la publication des résultats par centre n'est pas obligatoire : il faut donc demander les chiffres au centre, avec la définition exacte utilisée (grossesse clinique ou naissance vivante, par transfert ou par cycle). Sur la transparence des données, l'Espagne a l'avantage ; sur les résultats eux-mêmes, les écarts entre bons centres sont faibles.

La langue et l'accompagnement

Les grands centres espagnols ont des équipes francophones structurées, c'est indéniable. En Grèce, la plupart des médecins parlent anglais, quelques-uns français ; l'accompagnement en français dépend souvent d'une coordination extérieure. C'est précisément le rôle que j'assume, et la raison pour laquelle le parcours grec peut se faire entièrement en français, du premier appel au retour.

La distance et la logistique

Barcelone est à moins de deux heures de Paris ; Thessalonique à environ trois heures et quart, avec des vols directs saisonniers et des correspondances par Athènes le reste de l'année. Pour un séjour de trois jours, la différence est réelle mais gérable. Pour un couple qui vient de Marseille ou de Nice, elle se réduit encore.

Alors, lequel choisir ?

Choisissez l'Espagne si vous avez besoin de la méthode ROPA, si la publication indépendante des résultats est décisive pour vous, ou si la proximité géographique est votre premier critère. Choisissez la Grèce si vous avez plus de 50 ans, si le budget compte, ou si vous souhaitez un parcours plus personnalisé, dans un centre de taille humaine, avec quelqu'un qui vous connaît à chaque étape. Dans les deux cas, demandez un devis écrit et les taux de réussite avec leur définition : c'est ce qui départage un bon centre d'un centre qui communique bien.

Questions fréquentes

Le don d'ovocytes est-il moins cher en Grèce qu'en Espagne ?

Oui, en général de 20 à 30 %. Comptez 5 000 à 8 000 euros en Grèce contre 6 500 à 9 500 euros en Espagne pour un cycle complet avec don, hors médicaments et voyage.

Quelle est la limite d'âge en Espagne et en Grèce ?

La loi grecque autorise le traitement jusqu'à 54 ans, avec autorisation spéciale entre 50 et 54. Les centres espagnols appliquent en pratique une limite de 50 ans, parfois 52.

La méthode ROPA est-elle possible en Grèce ?

Non. La loi grecque ne prévoit pas la méthode ROPA pour les couples de femmes. L'Espagne, le Portugal et la Belgique l'autorisent.

Les taux de réussite sont-ils comparables ?

Oui, dans les bons centres des deux pays, avec des taux de grossesse par transfert de 50 à 65 % pour le don d'ovocytes. L'Espagne publie un registre national ; en Grèce, il faut demander les chiffres au centre.

Sources
  1. Ley 14/2006 sobre técnicas de reproducción humana asistida (Espagne).
  2. Loi grecque 3305/2005 modifiée par la loi 4958/2022.
  3. Sociedad Española de Fertilidad — Registro Nacional de Actividad, résultats du don d'ovocytes.
  4. ESHRE — European IVF Monitoring, données comparatives par pays.
Cet article est une information générale d'ordre pratique et administratif. Il ne constitue ni un conseil médical ni un conseil juridique. Les règles et les montants évoluent : vérifiez toujours l'information à jour auprès de votre caisse d'assurance maladie, du centre qui vous suit et de votre médecin.
TB

Triada Baloukoudis
Coordinatrice indépendante de parcours FIV en Grèce, 24 ans d'expérience auprès des patientes francophones. En savoir plus · Contact

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