PMA en Europe : ce que chaque loi autorise, pays par pays
Tableau comparatif 2026 : âge limite, femmes seules, couples de femmes, don d'ovocytes et de sperme, double don, ROPA, PGT-A, anonymat. Quatre pays.
Lire l'articleL'Espagne est la destination historique des patientes d'Europe de l'Ouest. La Grèce rattrape vite. Les deux pays sont sérieux ; ils ne sont pas identiques.
Je travaille en Grèce, et j'accompagne des patientes qui viennent en Grèce. Je ne vais donc pas prétendre être neutre. Mais j'ai passé vingt-quatre ans à voir arriver des dossiers de patientes qui avaient d'abord regardé l'Espagne, et je sais exactement ce qui les fait basculer, dans un sens ou dans l'autre. Voici les critères qui comptent, et où chaque pays se situe.
| Critère | Espagne | Grèce |
|---|---|---|
| Limite d'âge | 50 ans en pratique, parfois 52 | 54 ans par la loi, autorisation spéciale de 50 à 54 |
| Prix d'un cycle avec don | 6 500 à 9 500 € | 5 000 à 8 000 € |
| Délai avant transfert | 2 à 4 mois | 2 à 4 mois |
| Anonymat de la donneuse | Garanti par la loi | Garanti par la loi |
| Méthode ROPA | Autorisée | Non prévue par la loi |
| Publication des résultats | Registre national (SEF) | Pas d'obligation : chiffres à demander au centre |
| Taux de grossesse par transfert | 50 à 65 % | 50 à 65 % |
| Vol depuis Paris | Barcelone, environ 2 h | Thessalonique, environ 3 h 15 |
| Accompagnement en français | Équipes dédiées dans les grands centres | Par une coordinatrice indépendante |
Le tableau donne la photographie ; les paragraphes qui suivent expliquent ce qui se cache derrière chaque ligne.
Les deux pays autorisent le don d'ovocytes anonyme, indemnisé, pour les couples hétérosexuels et les femmes seules. La différence principale tient à l'âge : la loi grecque autorise le traitement jusqu'à 54 ans (avec autorisation spéciale entre 50 et 54), quand les centres espagnols appliquent une limite d'usage à 50 ans, parfois 52 selon les cas. Pour une femme de 48 ans, ce n'est pas un détail.
L'Espagne autorise en revanche la méthode ROPA pour les couples de femmes, que la loi grecque ne prévoit pas. Si vous êtes en couple avec une femme et souhaitez que l'une porte l'embryon de l'autre, l'Espagne est la réponse, pas la Grèce.
Dans les deux pays, l'anonymat de la donneuse est garanti par la loi : l'enfant ne pourra pas obtenir son identité, contrairement au système français depuis 2022. En Espagne, les débats sur une évolution de la loi reviennent périodiquement ; en Grèce, le cadre est stable depuis 2005. Certaines patientes voient dans l'anonymat un avantage, d'autres un inconvénient : c'est un choix personnel qu'il faut faire avant, pas après.
Aucun des deux pays n'a de liste d'attente comparable à celle de la France. En Espagne, les grands centres de Barcelone, Madrid, Valence ou Alicante traitent des milliers de patientes internationales par an et disposent de banques d'ovocytes importantes. En Grèce, le volume est moindre, mais les centres agréés d'Athènes et de Thessalonique programment un transfert avec don en deux à quatre mois. Sur ce critère, égalité.
C'est l'écart le plus net. Un cycle avec don d'ovocytes coûte généralement entre 6 500 et 9 500 euros en Espagne, contre 5 000 à 8 000 euros en Grèce, pour des prestations comparables. Sur un parcours qui peut nécessiter deux tentatives, la différence se chiffre en milliers d'euros. L'écart n'est pas spectaculaire sur un seul cycle : ce n'est pas le seul critère sur lequel choisir. L'hébergement et la vie quotidienne sont également moins chers à Thessalonique qu'à Barcelone. Les prix grecs détaillés sont ici.
Les deux pays affichent, pour le don d'ovocytes, des taux de grossesse par transfert compris entre 50 et 65 % dans les meilleurs centres. L'Espagne dispose d'un registre national publié par la Société espagnole de fertilité, ce qui permet une vérification indépendante. En Grèce, la publication des résultats par centre n'est pas obligatoire : il faut donc demander les chiffres au centre, avec la définition exacte utilisée (grossesse clinique ou naissance vivante, par transfert ou par cycle). Sur la transparence des données, l'Espagne a l'avantage ; sur les résultats eux-mêmes, les écarts entre bons centres sont faibles.
Les grands centres espagnols ont des équipes francophones structurées, c'est indéniable. En Grèce, la plupart des médecins parlent anglais, quelques-uns français ; l'accompagnement en français dépend souvent d'une coordination extérieure. C'est précisément le rôle que j'assume, et la raison pour laquelle le parcours grec peut se faire entièrement en français, du premier appel au retour.
Barcelone est à moins de deux heures de Paris ; Thessalonique à environ trois heures et quart, avec des vols directs saisonniers et des correspondances par Athènes le reste de l'année. Pour un séjour de trois jours, la différence est réelle mais gérable. Pour un couple qui vient de Marseille ou de Nice, elle se réduit encore.
Choisissez l'Espagne si vous avez besoin de la méthode ROPA, si la publication indépendante des résultats est décisive pour vous, ou si la proximité géographique est votre premier critère. Choisissez la Grèce si vous avez plus de 50 ans, si le budget compte, ou si vous souhaitez un parcours plus personnalisé, dans un centre de taille humaine, avec quelqu'un qui vous connaît à chaque étape. Dans les deux cas, demandez un devis écrit et les taux de réussite avec leur définition : c'est ce qui départage un bon centre d'un centre qui communique bien.
Oui, en général de 20 à 30 %. Comptez 5 000 à 8 000 euros en Grèce contre 6 500 à 9 500 euros en Espagne pour un cycle complet avec don, hors médicaments et voyage.
La loi grecque autorise le traitement jusqu'à 54 ans, avec autorisation spéciale entre 50 et 54. Les centres espagnols appliquent en pratique une limite de 50 ans, parfois 52.
Non. La loi grecque ne prévoit pas la méthode ROPA pour les couples de femmes. L'Espagne, le Portugal et la Belgique l'autorisent.
Oui, dans les bons centres des deux pays, avec des taux de grossesse par transfert de 50 à 65 % pour le don d'ovocytes. L'Espagne publie un registre national ; en Grèce, il faut demander les chiffres au centre.
Source : https://fertilitegrece.com/fr/blog/espagne-ou-grece-don-ovocytes/ — Triada Baloukoudis, coordination de parcours FIV en Grèce. Information générale, sans valeur de conseil médical ou juridique. Imprimé le
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